F​éminisme, black feminism et afroféminisme

Un article signé Christelle Kedi pour RHA-Magazine

feminism

Le féminisme serait la conséquence d’une combinaison de différents facteurs d’essence historique, sociologique, économique et philosophique. Autant la misandrie est devenu une réalité quelquefois associée à des pensées et actions extrémistes dans des pays comme le Canada ou encore les Etats-Unis, autant le patriarcat institutionnel de certaines cultures dominantes aujourd’hui, a justifié que le XXème siècle marque un tournant décisif dans la quête d’égalité entre hommes et femmes dans ces sociétés principalement issues du berceau nordique. Le féminisme est une réponse Indo-Aryenne à la culture du patriarche nomade que les anthropologues placent au début des civilisations de langues indo-européennes. Le féminisme est un combat qui s’évertue à recréer une certaine harmonie dans la société, il ne s’agit pas de justice. Un idéal d’égalitarisme, de respect, de conscience aussi. Le féminisme occidental en particulier, s’est notoirement penché sur les questions qui affectaient principalement la gestion du corps de la femme, la citoyenneté féminine et son rôle dans toutes les sphères publiques et privées.

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Le féminisme est indéniablement la gestion d’un conflit: le patriarcat. Un conflit se définit comme une perspective qui révèle les dysfonctionnements ou les inégalités sociales, politiques et/ou matérielles au sein d’un groupe donné. Le féminisme est un phénomène de société qui présente des éléments conflictuels puisqu’il puise son avènement au coeur des inégalités millénaires subies par les femmes Européennes. Selon Dana (1997), la négociation est un procédé qui consiste à développer des stratégies de résolution ou de prévention de conflits. L’afroféminisme francophone est une conséquence du Black Feminism qui fait partie de la troisième vague féministe: une gestion locale des conflits socio-raciaux et genrés. Lancé en 1992 par Rebecca Walker (filleule de la controversée et ex-agent CIA Gloria Steinem), le Black feminism de la troisième vague, applique l’intersectionnalité de la classe, de la race et du genre, académiquement introduite par Crenshaw en 1989. La notion d’intersectionnalité de trois facteurs d’oppression des femmes avait déjà été présentée par les féministes radicales (séparatisme, féminité et réforme sociétale) ou encore les féministes marxistes (féminité, capital et oppression sociale). L’ajout de l’élément racial avait été amorcé par Angela Davis (1981) mais d’un point de vue marxiste.

Christelle KEDI  – Extrait de Blacktherapie  ‘Matriarcat’

Au sujet de l’auteure:

christelle-kediChristelle Kedi est une artiste de maquillage primée (GLE One London, Rising Star 2008 ainsi que Women4Africa, maquilleur de l’année 2012), une consultante de mode créative, auteure et conférencière. Son premier livre Beautifying the body in ancient Africa and today (2013, Books of Africa) est un voyage historique et identitaire à travers la vision africaine de la beauté et des secrets séculaires. Son deuxième livre Afropolitanism and Black blogosphere (2016, Books of Africa) est une sélection de 21 études de cas de blogueurs Afropolitan noirs dans la beauté, la mode et le mode de vie à travers 9 pays européens. Christelle Kedi est également la conceptrice des  formations Black Thérapies à Paris. 

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