Les Reines de l’Empire Kuba: le mystère des masques de la Reine-Mère Ngokady

kuba4Les Bakuba (« ba » étant la marque du pluriel) sont une ethnie du centre de la République Démocratique du Congo, entre le Kasaï-Occidental et le Sankourou. Organisés en royaume depuis le XVIIe siècle, les Bakuba formaient une société centralisée et très hiérarchisée qui avait développé un art de cour, principalement celui du statuaire. Le Royaume Kuba regroupait près de 20 peuples bantous regroupés en différents états dont les populations étaient les Luba, les Leele, les Pende, les Dengese et les Wongo. L’histoire nous révèle que la femme occupait une place privilégiée, voire singulière, chez les Bakuba. L’une d’elle, une reine, viendra révolutionner la société kuba en introduisant le fameux mystère de deux masques en bois ornés de perles et de cauris, appelés « ngadyi a mwashi » et « moshambuyi ». Son nom, Ngokady! Qui était-elle?

Si dans l’Empire Bakuba le roi est un être sacré et entouré d’un rituel complexe, la reine mère et la soeur du roi  jouent un rôle encore plus important car la succession est matrilinéaire, à  l’instar de tant de sociétés africaines anciennes. Le matriarcat de la société traditionnelle  Kongo, dont fait partie l’Empire Bakuba,  trouverait son origine dans son mythe fondateur  : l’ancêtre original  des Bakongo, la Nkâka ya kisina, serait une femme répondant au nom de Nzinga. Elle était la fille du roi Nkuwu mais aussi l’épouse de Nimi. Ainsi,  Nimi’a Lukeni Lwa Nzinga fut  le premier Mwene Kongo attesté dans les annales traditionnelles.

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Mythe fondateur de l’Empire Kuba et origine de son système matrilinéaire

kuba1Sous le règne de Wootfondateur du Royaume Kuba, fils du ciel et de la terre qui se réincarnerait dans le corps de ses souverains successeurs, la femme se voit concéder une place prépondérante. Woot lui attribue la technique de production du feu par friction, ce qui en fait d’elle la dignitaire. Mais c’est au 12ème siècle que le système matrilinéaire va véritablement naître au sein des Kuba, grâce au souverain Woot Makup. Ce dernier récompense sa fille et fait de ses petits enfants ses héritiers et successeurs, déshéritant de ce fait ses propres enfants mâles. Ainsi, il fait de la femme le pilier du royaume naissant et instaure un système de succession matrilinéaire, au détriment du système patriarcal. Dès lors, il n’est pas rares de rencontrer des reines-mères ou des reines-régentes au sein du Royaume Kuba. L’une d’entre elles, la reine-mère Ngokady, célèbre pour avoir appris aux Kuba à cultiver le pili-pili (piment), participera activement à l’émergence culturelle et surtout artistique du Royaume, alors qu’elle exerce la régence de son fils. Ngokady sera à l’origine de la création d’un masque représentant les femmes, mais destiné à être porté par les hommes.

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Le masque qui représente la sœur du héros fondateur de l’Empire Kuba, le roi Woot est nommé « Ngadyi a mwashi ». Mais pour accompagner ce masque féminin, Ngokady commandite la fabrication d’un masque représentant les hommes. Elle le nomme « Moshambwuyi ». Les masques sont ornés de cauris, de raphias et de nombreux motifs triangulaires sombres et claires. Ceux du front font référence à « la maison du roi». Durant le rituel qui accompagnent le port des masques Ngadyi a’mwaashi et Moshambwuyi , les danseurs reconstituent les épisodes mythiques de la cosmogonie Kuba, y compris l’acte sexuel qui perpétua de la dynastie Kuba. Par ce rituel, la souveraine soulignera la complémentarité homme-femme, nécessaire à la bonne marche du royaume. Toutefois, l’incapacité de la femme à exercer des fonctions officielles durant certaines périodes va se démontrer de manière fortuite à travers un incident plus que gênant: la reine-mère Ngokady aurait subitement eut ses menstrues en pleine réunion du Conseil! D’aucuns, certainement parmi l’assistance masculine, se serviront de l’incident pour déclarer la femme inapte à exercer durant ses menstrues ou durant ses derniers mois de grossesse, période lui rappelant qu’elle ne doit jamais chercher à se faire homme.

kuba2Vers 1630, le roi Shyaam a Mboul a Ngoong succède au trône kuba et offre à l’empire sa forme la plus achevée. Enfant d’une esclave du Bas-Kongo, arraché à sa mère biologique et adopté par une princesse Kuba, Shyaam a Mboul a Ngoong rapportera du Bas-Kongo la culture du maïs, du manioc, des haricots et du tabac, mais aussi le tissage, la broderie, de nouveaux styles de forge et de sculpture sur bois, ce qui viendra renforcer les efforts de promotion de l’art que soutenait Ngokady. C’est sous son règne que l’art du statuaire kuba sera magnifié. Mais ce qu’il faut surtoit retenir du règne de Shyaam a Mboul a Ngoong, c’est la mise en place concrète de l’organisation matrilinéaire dont les fondements furent lancés par Woo Makup. Le rôle de la femme devient primordiale et il est clairement défini dans les lois de succession. Mais le monarque ira plus loin dans son innovation en instaurant le système du « harem royal ». Ainsi, aux femmes célibataires de la cour seront présentés les jeunes gens de l’empire, tout droit sortis de leur initiation, et les soeurs du rois pourront en épouser plusieurs. C’est de cette manière que la polyandrie kuba sera introduite à la cour,  accordant aux femmes un certain privilège sur leurs maris , lesquels ne pouvaient se prévaloir d’aucun droit sur leurs épouses. Il n’était pas rare de voir les sœurs du roi user de leur pouvoir sur leurs fils, successeurs présomptifs, même si un inceste réel ou présumé permettait parfois au fils élu, le Nyimi (roi), de s’affranchir de la tutelle maternelle.

Natou Pedro Sakombi

 

Sources: 

  • Women and political power, Mary Nooter Roberts (University of California) (africa.uima.uiowa.edu)
  • La femme dans la société congolaise : de l’ascension à la perte de son pouvoir,  Anne-Marie Akwety  – Unikin

  • « Notes Ethnographiques sur des Populations Habitant les Bassins du Kasaï et Kwango Oriental », E.Torday & T.A.Joyce (Annales du Musée du Congo Belge)
  • ammafricaworld.com: Histoire du Royaume Kuba
  • The Children of Woot: A History of the Kuba Peoples,  Jan Vansina (University of Wisconsin Press)

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L’impitoyable Reine Ririkumutima : la Mwamikazi (reine) qui usurpa le titre de Mugabekazi (reine-mère)

Ririkumutima
Ririkumutima

 

Aucune femme n’aura autant marqué l’histoire du Burundi que l’ingénieuse Ririkumutima. Moins estimée que la dernière reine du Royaume du Burundi, la grâcieuse Baramparaye, il y a lieu de reconnaître que Ririkumutima a réellement bouleversé le cours de l’histoire! Elle comptait parmi les nombreuses épouses du roi Mwezi Gisabo, qui vécut de 1850 environ à 1908, date de sa mort, et dont le règne plongea le royaume dans de fréquentes famines, épidémies et guerres. Ririkumutima était son épouse préférée, celle à qui il attribua le surnom de « Bizima  bitazimiza Mwezi » , littéralement « celle qui ne fait pas dévier Mwezi« . Mais comme nous le verrons plus loin dans ce récit, ce titre s’inscrit dans un paradoxe flagrant !

 

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Le Mwezi Gisabo

Ririkumutima donnera cinq enfants à Mwezi Gisabo: Karabona, Bishinga, Nduwumwe, Bangura et Nganguzi, ce qui ne fera qu’attiser la flamme qui brûlait dans le coeur du roi pour sa favorite. Cependant, la place privilégiée dont elle bénéficiait entraînera la reine dans une spirale de manigances sordides, car habituée à jouir de ses faveurs  et à ne jamais perdre. Ainsi, malgré les nombreux  rejetons que les autres épouses de Mwezi lui avaient donné , Ririkumutima souhaitait secrètement que l’un de ses fils devienne le « mwami » (le roi) à la mort de son époux. En conséquence, elle joua ses meilleures cartes afin de convaincre son bien-aimé de faire une exception et de laisser l’un de ses fils régner juste après lui, mais ce dernier préférera suivre la tradition. Néanmoins, convaincue de l’amour inconditionnel de Mwezi, Ririkumutima continuait à croire qu’il finirait par céder à l’approche de sa mort. Mais grande fut sa déception lorsqu’aux sentiments, le Mwezi, qui était connu pour être un homme intègre, préféra la tradition.

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Mbijike Mutaga

Mbikije, enfant du roi né d’une relation extraconjugale et que Ririkumutima avait  élevé était âgé de quinze ans lorsqu’il avait été désigné pour succéder à son père en 1908. Né avant les  enfants de Ririkumutima, la succession de Mbijike était somme toute normale. Ainsi, dès la disparition de son père, l’enfant porta le nom dynastique de Mutaga, ce qui attisa l’extrême jalousie de sa belle-mère. Et celle que tout le royaume prenait pour sa mère biologique allait bientôt devenir sa pire ennemie.

Selon la tradition, la régence devait être assurée par la mère de Mutaga, Ntibanyiha, qui avait eu le coeur arraché des années plus tôt  lorsque Mwezi lui avait retiré son fils à très bas âge pour la confier à Ririkumutima. Cette dernière avait exigé cet acte horrible, car le roi avait eu l’enfant hors mariage. Ne souhaitant pas que le roi maintienne sa relation avec la mère de l’enfant, elle aurait préféré l’éduquer elle-même. La future intronisation de son fils avait donc réjouit le coeur Ntibanyiha  qui y voyait non seulement l’espoir de renforcer les liens avec son cher rejeton mais une occasion de se venger de Ririkumutima, son ennemie jurée.

Hélas, se sentant trahie au plus haut point, Ririkumutima vit le ressentiment qui germait en elle se transformer en une jalousie macabre et incontrôlable. La veuve pensa que son fils devait coûte que coûte prendre la place de Mutaga, et s’il fallait éliminer qui que ce soit physiquement, elle n’aurait pas hésité.

Le plan d’action de Ririkumutima avait été savamment élaboré. La première étape consistait à éliminer Ntibanyiha, mère de Mutaga. En conséquence, avant même qu’elle n’assure sa régence, Ririkumutima réussit à faire assassiner Ntibanyiha et fit croire à tout le royaume que si le roi lui avait confié Mutaga, c’est parce qu’elle était sa mère biologique. Elle passa donc du titre de mwamikazi (reine) à celui de mugabekazi (reine-mère) et exerça  la régence sous Mutaga. Cependant, il lui fallait passer à la deuxième phase de son plan en temps opportun, et un événement viendra finalement lui faciliter la tâche.

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le Prince Nduwumwe, fils de Ririkumutima et de Mwezi Gisabo

Bangura et Nduwumwe, fils de Ririkumutima, entrèrent dans une altercation violente avec leur demi-frère Mutaga suite à un conflit passionnel. Bangura surprit Mutaga en train de faire la cour effréné à sa promise, Ngezahayo, et entra dans une colère sombre et incontrolable. Nduwemne, l’autre fils de la reine régente, s’en mêla pour défendre son frère utérin. Lorsque la belle courtisée finit par choisir Mutaga, le conflit prit des proportions si grandes, qu’avec la bénédiction de leur mère, les deux frères tuèrent secrètement Mutaga après que ce dernier eut épousé Ngezahayo et eut un fils avec elle.

Mwambutsa Bangiricenge, fils héritier de Mutaga, devait logiquement lui succéder et sa mère, la princesse Ngezahayo, objet du conflit fratricide, devait assurer sa régence. Mais bien évidemment, Ririkumutima ne l’entendait pas de cette oreille, elle décida de faire assassiner la princesse par un brigand. Ririkumutima avait à nouveau usurpé le pouvoir de reine-mère.

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Inabiyengero, fille de Ririkulutima et de Mwezi Gisabo

Durant sa régence qui en réalité ressemblait plus à un règne, Ririkumutima s’employa à étendre l’influence de ses fils et de son lignage, les Banyakarama. Et le comble de son insolence et de sa méchanceté se manifestera lorsqu’elle partagera les terres des Bavubikiro (exterminés parce que tenus injustement pour responsables de la mort de Mutaga) entre son fils Nduwumwe, ses parents et son gendre, le munyakrama Rutuna, mari de sa fille Inabayengero. En réalité, sa haine pour les Bavubikiro avait une origine sombre et scandaleuse. Pour couronner son règne macabre, Ririkumutima aurait entretenu une longue liaison avec l’un des sages de la cour de Mwezi Gisabo, ce qui était un secret de Polichinelle chez l’un des membres du clan Bavubikiro. Craignant que ce dernier ait ébruité l’affaire, elle décida d’exterminer tout le clan en usant du prétexte qu’il complota pour éliminer Mutaga.

Ririkumutima, reine et héroïne d’Afrique?

Une chose est certaine, on attribuerait plus facilement ce titre à Baramparaye, dernière reine du Burundi, qui incarnait à la perfection le Burundi d’avant l’ « Occupant », en l’occurrence un pays libre et fier, qui fut durant des siècles, maître de son destin. Elle incarne la tradition, le passé, mais elle est aussi une source d’inspiration pour les nouvelles générations.

Son histoire, à suivre sur Reines & Héroïnes d’Afrique.

Les Amazones de Kadhafi: le guide libyen s’était inspiré des Mino du Dahomey

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Qui étaient les Amazones de la garde rapprochée de Kadhafi?

Les « nonnes révolutionnaires », voilà comment le guide libyen aimait appeler sa garde rapprochée. Elles se déplaçaient au nombre de 40 pour veiller sur le Président et devaient être coquettes jusqu’au bout des ongles. Pour Kadhafi qui aimait provoquer, il s’agissait certainement de marquer par un symbole fort cet Islam progressiste qu’il prônait. Et pour rire au nez de ceux qui le qualifiaient d’hommes à femmes, l’Amazone libyenne devait refléter l’image de la femme musulmane libre. Or, l’on sait qu’à l’instar des Mino, les Amazones du Dahomey qui protégeaient le Roi Behanzin, tout le sacré de leur force reposait dans leur vœu de chasteté. 

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Le Colonel libyen ne badinait pas avec sa sécurité, et pour se protéger, il avait décidé de s’entourer d’une quarantaine de femmes soldates lors de ses déplacements. Sélectionnées avec soin, en uniforme kaki sanglé d’or, parfois accompagné de talons hauts pour la touche glamour, le visage maquillée, les ongles vernis et un parfum envoûtant, il fallait avoir une présentation irréprochable pour accompagner le président. Il aimait les femmes combattantes, mais charmantes également.

khada3Tout comme les Mino qui suivaient des années d’entraînement intensif, elles devaient être recrutées vierges à la sortie de l’Académie Militaire fondée par le Président libyen lui-même. Elles intégraient alors un programme d’entrainement commando comprenant le maniement d’armes à feu et les arts martiaux. Certaines apprenaient aussi à piloter des jets MiG et toutes étaient évidemment formées pour tuer et était prête à se faire tuer. Ce fut le cas d’Aïsha, morte criblée de balles lors d’un attentat contre le colonel en 1998, après s’être jetée au-devant de lui pour le protéger.

Les Amazones de Kadhafi étaient de vrais soldats d’élite au féminin qui avaient fait leur preuve sur le terrain et qui étaient souvent à l’œuvre dans les combats à Tripoli. En 2003, à l’occasion du 15ème sommet de la Ligue Arabe, les Amazones se font remarquer en défendant très énergiquement leur leader en proie à une altercation avec les Saoudiens. La même année, le dirigeant libyen leur dédie les festivités marquant le 34ème anniversaire du coup d’État.

khada4En 2010, à Rome cette fois, elles forment un véritable bouclier humain alors que près de mille Italiennes huent le colonel parce qu’il ne permet pas aux femmes de conduire sans la permission de leur mari. Fatia, qui était élève de l’Académie Militaire du guide libyen et qui rêvait d’intégrer la garde rapprochée de Kadhafi avait déclaré au magazine belge Express en 2010: « Il nous a donné la vie. Je suis prête à mourir pour lui. Il est un père, un frère et un ami à qui l’on peut se confier. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point il est humble. » Difficile à imaginer pour tous ceux qui ont catalogué le Colonel Kadhafi de dictateur, allant jusqu’à l’accuser de viol sur ses Amazones, reniant le caractère sacré qu’il attribuait à leur virginité. Et une question reste à poser : que sont devenues ces femmes combattantes alors que le Président Kadhafi a perdu la vie ? Après Khadafi, peut-on parler d’une progression ou d’une régression pour la femme Libyenne?

Dans le monde Musulman, les idées de Mouammar Kadhafi étaient perçues comme progressistes, même en ce qui concerne la question féminine. Dans son ouvrage « Le livre vert », il défend une vision essentialiste de la femme. On peut dire que son interprétation personnelle de l’Islam était aux antipodes de la vision traditionnelle et l’avait motivé à fonder son académie militaire pour femmes en 1979. Dès lors, la femme jouait pour lui un rôle prépondérant et il ne se déplaçait jamais sans son escorte de jeunes femmes soldates.

khada1D’après les témoignages, Kadhafi accordait plus de confiance à la gente féminine qu’aux hommes. La légende dit que le colonel exigeait que toutes ses guerrières soient belles, vierges, surentraînées et qu’elles présentent un certificat de bonne moralité. Issu de la culture Berbère où la femme est l’égale de l’homme, il n’hésitait pas à critiquer certaines pratiques de l‘Islam telle que le port du voile ou la polygamie. Les femmes en conséquence ont pu se créer une place bien assise dans tous les secteurs de la société libyenne sous le règne de Kadhafi. Elles étaient pour la plupart inscrites à l’université, éduquées, elles pouvaient donc occuper des postes à responsabilité en tant qu’officiers, juges ou encore avocates. Elles avaient d’ailleurs fait entendre leurs voix durant toute la période de la révolution où un groupe d’avocates avait manifesté contre le régime à Tripoli et dans la région de Benghazi.

La menace d’un Islam extrémiste radical au pouvoir en Libye a toujours été ce spectre mainte fois dénoncé par Kadhafi et ses supporters. Cette éventualité n’avait jamais ébranlé la communauté internationale, à l’instar du président Sarkozy qui, après avoir soutenu la dictature libyenne de Kadhafi, réaffirme son soutien au nouveau régime de transition (CNT) d’ Abdel Jalil, qui remettra en place la charia. Dès lors, l’inquiétude pèse quant au dessein de la femme libyenne qui perd davantage ses acquis dans la société et la reconnaissance dont elle bénéficiait durant l’époque de Kadhafi. Le 23 Octobre le conseil de transition annonçait la libération de la Libye au détriment de la libération de la femme. Au programme de ce nouveau gouvernement, un bond de 40 ans en arrière pour les libyennes qui sont désormais tenues à l’écart de toutes décisions. Parmi les grandes lignes de la constitution établie sur les « Lois Coraniques », le divorce est interdit et la polygamie restaurée.

Kadhafi, qui avait exercé son pouvoir sur la Libye durant quatre décennies, était percç par certains comme un dictateur prétentieux, misogyne et insupportable. Cependant, le régime actuel, aux intentions évidentes de répression de la liberté de la femme, n’est certainement pas meilleur. Il n’en ait rien de moins concernant les complices impérialistes de cette guerre en Libye qui, en voulant exporter leur démocratie, ont engendré une régression aux femmes qui constituent quasi la moitié de la population libyenne.

Natou Pedro Sakombi

De la déesse Sekhmet à la Lionne Nyabinghi, Reine intemporelle des Rastafari

nyaDerrière son nom, « Nyabinghi« , qui veut dire la « victoire des Noirs » (Nya= Noir, binghi=victoire) dans la langue de la région de Kush qui se situe entre l’Egypte et l’Ethiopie actuels,  se cache une histoire quelque peu compliquée.

Le nom tient son origine d’un terme pour définir un soulèvement anti-colonialiste dans le sud-ouest de l’Ouganda, au milieu du 19ème siècle et au début du 20ème. Ce mouvement avait été mené par un groupe de femmes dont la leader était une guérisseuse charismatique répondant au nom de Muhumusa, vraie meneuse dans la lutte contre l’armée coloniale germanique. On dit qu’elle était possédée par l’esprit d’une reine amazone légendaire nommée Nyabinghi, et qu’elle-même avait hérité de ce titre.
Mais cette amazone qui possédait Muhumusa a t-elle véritablement existé? Certains historiens attribuent l’histoire à une légende et pensent que les Africains s’étaient inventés une Reine des Reines Africaine, envoyée de Dieu et de son fils pour venger le peuple noir. Ils l’auraient vue en la personne de Makeda, reine de Saba ou en l’Impératrice Candace. Et dans une grille de lecture occidentale, tout cela n’est que fable et invention créée par l’homme noir dans le but de se rassurer d’un salut imminent et divin. Les Africains persisteraient à croire que l’esprit de cette Reine des Reines prend possession de différentes femmes noires à travers les époques.

Cependant, nous constaterons dans ce récit qu’en réalité, l’origine de Nyabinghi ne remonte pas à Muhumusa, ni à une reine amazone. Et pour en comprendre le sens, il y a lieu de simplement garder en mémoire que Nyabinghi est le nom commun porté par une série de reines guerrières africaines et qu’il s’agit d’un seul esprit agissant en elles toutes. Et la première Nyabinghi habitée par cet esprit était également la première à porter ce titre et ce nom, raison pour laquelle celles qui l’ont suivi le portèrent aussi bien.

nya3à gauche, représentation de la Déesse Sekhmet

Quel esprit possédait donc les Reines Nyabinghi?

La toute première Reine des Reines « Nyabinghi » aurait vécu en Egypte. Il s’agissait de Sekhmet, déesse guerrière représentée par une tête de lionne et instrument de la vengeance de Rê contre l’insurrection des hommes. Redoutable, de sa bouche de lionne sortaient les vents du désert. Ce serait donc l’esprit de Sekhmet qui agirait en toutes les Reines connues sous le nom de Nyabinghi. Retenez bien ce point de l’histoire, il vous sera nécessaire à saisir la suite du récit.

La première Reine  à porter le titre de Nyabinghi

Selon une autre histoire, la première Nyabinghi qui aurait hérité de l’esprit de Sekhmet était une Reine-Prêtresse de la province de Kush (Ethiopie et Egypte) qui s’était rebellée contre la précarité d’une vie que menait son peuple suite à une occupation étrangère. Coiffée de dreadlocks et descendante du Roi des Rois de la région de Kush, elle se serait enfuie suite aux menaces des oppresseurs et envahisseurs qui occupaient sa terre natale. Égarée dans les forêts épaisses jusqu’à atteindre les régions de l’actuel Congo, Soudan et Ouganda, et grâce à sa témérité, elle aurait en peu de temps réussi à créer une guérilla et formé une armée de rebelles, tous portants des dreadlocks et connus comme les « Enfants de Nyabinghi » ou sous le diminutif de « Binghis« .

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Nyabinghi les aurait entrainé à retourner sur sa terre natale et à attaquer les envahisseurs de son peuple grâce à une embuscade intelligemment élaborée. Sa force et son courage à diriger son armée étant conduits par l’esprit de Sekhmet , les envahisseurs avaient rapidement pris la fuite. La justice, la paix et la stabilité avaient enfin regagné la région de Kush.

Nyabinghi aurait laissé un code de vie à ses prédécesseurs, les « Codes de vie de Nyabinghi »:

  • Premièrement, Nyabinghi est un vrai défenseur de la paix, de la justice et de l’ordre sur la terre-mère. Il n’y a rien de plus précieux à Nyabinghi que la terre d’Afrique où les Binghis ont tous vu le jour, où ils ont grandi.
  • Nyabinghi aime l’humanité toute entière sans exception. Elle glorifie les œuvres du père et du fils et les Binghis doivent en faire autant.
  • Les Binghis sont les gardiens de la terre-mère et les frères et soeurs de tous les êtres vivants de la création. Ils doivent les aimer, les respecter et constamment leur témoigner de la compassion.
  • Les Binghis doivent en tout temps aspirer à la justice et la manifester dans leurs actes, leurs pensées et leurs paroles. Ils ne doivent jamais pratiquer le mal car c’est le mal qui affaiblit le fort.
  • Les Binghis doivent toujours partager leur eau avec ceux qui ont soif, leur nourriture avec ceux qui ont faim, leurs vêtements avec ceux qui sont dépouillés et leur bateaux avec ceux qui doivent voguer au loin.
  • Nyabinghi fait preuve de loyauté et de sincérité avec le juste, mais celui qui agit avec injustice sera éprouvé par le feu.

Différentes versions nous parlent de la fin de Nyabinghi. Pour certaines, elle aurait été tuée au combat, pour d’autres, elle aurait cessé de se battre après avoir perdu un oeil, ou après avoir perdu un enfant. Le fait demeure que la Reine des Reines aurait connu une fin peu glorieuse. Toutefois, elle aurait tellement été vénérée que l’on pense qu’elle aurait disparue de la surface de la terre. Les médiums, les prophètes et les sages confirment ces faits et disent être régulièrement en communication avec la Sainte Patrone de l’Afrique de l’au-delà. On dit même que Nyabinghi revient à la vie partout où les enfants d’Afrique font appel à elle, que ce soit en Afrique ou dans la Diaspora.

Pendant des millénaires, elle sera adorée et vénérée en Afrique. Tous les  médiums, les prophètes et les adeptes de Nyabinghi se reconnaissent facilement par leurs caractéristiques communes: ils portent des dreadlocks, un lion ou une lionne comme totem et ont fait le serment de toujours placer le bien être de l’Afrique en priorité.

D’après les premiers colons et maitres esclavagistes anglais, les adeptes de Nyabinghi avaient formé une très grande société secrète  à travers tout le continent et leur manifestaient une sérieuse résistance. Leurs présences étaient simultanément relevées au Nigéria, en Sierra Leone, en Gambie, au Sénégal, au Soudan, au Congo et en Ouganda. Et malgré les armements sophistiquées des soldats britanniques, ces derniers ne parvenaient à cerner le courage des Binghis. Ils étaient prêts à se battre jusqu’à la mort et voyaient en leur fin une certaine dignité royale. C’est comme s’ils recherchaient carrément à mourir dans ces conditions.

Cette résistance a même été retrouvée parmi la communauté des Marrons des Caraïbes et en Amérique du Sud, où les Binghis n’hésitaient pas à comploter pour empoisonner les maitres esclavagistes et leurs bétails ou à vandaliser leurs domaines et leurs plantations.

Maintenant souvenez-vous de Muhumusa, évoquée au début de ce récit. Les colons européens firent sa rencontre au 20ème siècle, alors qu’elle était à la tête d’une guérilla de Binghis composée uniquement de femmes. Ceux qui la soutiennent pensent qu’elle est la réincarnation de la Reine de Kush, en l’occurrence la première Nyabinghi à avoir hérité de l’esprit de Sekhmet. Ses adeptes portaient des dread locks, fumaient du cannabis, et se battaient avec violence contre les colons allemands. Muhumusa est décrite dans les anales allemandes comme une femme au caractère bien trempé, extrêmement forte physiquement et très courageuse.

Le mouvement Nyabinghi sera condamné par les Britanniques et considéré comme de la « sorcellerie » et l’ordonnance de 1912 en faveur du christianisme  interdira formellement toute pratique du culte de Nyabinghi, cérémonie pendant laquelle l’esprit de la déesse à la tête de lionne est invoqué et où les adeptes chantent et dansent pour elle, bien souvent en transe.

Muhumusa sera capturée par les Britannique et sera détenue prisonnière jusquà sa mort à Kampala (Ouganda) de 1913  à 1945, ce qui n’empêchera pas à ses adeptes de continuer leur lutte contre le colonialisme. L’armée féminine dont elle était à la tête sera dirigée successivement par d’autres femmes, parfois des hommes, en qui l’esprit de la Déesse Lionne, Patronne de l’Afrique, Fille et Mère du Grand Dieu et  Reine des Reines Sekhmet-Nyabinghi, vient habiter pour les aider à combattre les envahisseurs et ennemis de l’Afrique.

Le lion, symbole de royauté du mouvement Rastafari
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nya2Le mouvement de résistance des Binghis aura un très gros impact sur la tradition Rastafari et notamment en ce qui concerne les Codes de Vie de Nyabinghi. En Jamaïque, la traduction de Nyabinghi signifie « mort à l’oppresseur blanc et à ses alliés noirs ». Notons que l’Ordre Nyabinghi est l’un des piliers du Mouvement rastafari. Le culte est entièrement consacré à Hailé Sélassié que l’on dit être  l’incarnation de Dieu sur Terre (Jah), et du Christ Noir, revenu sur terre en son caractère royal. Le mouvement Rastafari encourage le retour en Afrique pour tous les Noirs de la diaspora tel que le revendiquait notamment Marcus Garvey.  L’Histoire de l’Afrique y tient une place primordiale.

 

Natou Pedro Sakombi

Nehanda Nyakasikana,ou l’Esprit de Nehanda Nymhika: Mes os reprendront vie…

NehandaL’histoire de Nehanda c’est aussi celle de la spiritualité africaine, et plus précisément du rapport que l’homme entretient avec les ancêtres et Dieu. Le récit est quelque peu complexe mais nous tenterons de le simplifier au mieux. Il nous faudra remonter au 15ème siècle, vers 1430, car c’est là où véritablement tout commence. Pour situer l’époque, disons queChristophe Colomb n’a pas encore découvert l’Amérique, et c’est à cette période que vit la toute première jeune femme à porter le nom de Nehanda.

En réalité la jeune femme s’appelle Nyamhika, et son père n’est autre que le célèbre Empereur Mutota, fondateur et premier empereur de l’Empire Monomatapa  (actuel Zimbabwe). Il fondera également l’Etat de Mutapa (Mutapaland). Mutota a également un fils, Matope, demi-frère de Nyamhika, qui plus tard deviendra le second Empereur de Monomatapa. Afin de rendre son fils plus puissant, et selon la tradition, Mutota organisera un rituel dans lequel il obligera son fils à commettre l’inceste en couchant avec sa demi-soeur Nyamhika. D’après la légende, ce rituel incestueux rendra Matope extrêmement puissant à son ascension au trône. L’Empire atteindra son apogée et s’agrandira de façon considérable, à tel point que Matope décidera de céder un partie de l’empire à sa demie-soeur Nyamhika. C’est ainsi qu’elle est deviendra « Nehanda« , car elle dirigera le territoire de « Handa ». Sa renommée dépassera même celle de Matope.

A la mort de Nehanda-Nyamhika, son esprit aurait continué à vivre dans le corps d’un lion, cherchant le corps humain idéal  à posséder. Une fois trouvé, Nehanda deviendrait l’oracle de Dieu en prophétisant au travers de la personne possédée. Ainsi, l’esprit de Nehanda aurait continué à vivre dans diverses personnes, à tour de rôle, et pendant plusieurs siècles. Toutes les personnes habitées par l’esprit de Nehanda développeront communément un don de médium extraordinaire car l’esprit de Nehanda sera l’esprit protecteur du peuple de Monomapata.

Quelques siècles plus tard, on découvre que l’esprit de Nehanda vit dans le corps d’une jeune femme nomméeNyakasikana. Dès lors, cette dernière est considérée comme la réincarnation Nehanda-Nyamhika. Elle devient la prêtresse du village de Shona et porte désormais le nom de Nehanda- Nyakasikana. Ses qualités exceptionnelles de médium se répandent dans tout le pays et c’est elle que l’on consulte pour les grandes décisions politiques. Les Shona sont monothéistes, ce qui ne les empêche pas de pratiquer le culte des ancêtres. Ils croient en la réincarnation des ancêtres qui après leur mort possèdent des membres de la famille. L’esprit de l’ancêtre mort est en contact direct avec Dieu et peut par conséquent servir d’intermédiaire entre les hommes et Dieu.

En 1890, les Anglais débarquent au Zimbabwe. On se tourne alors vers Nehanda pour qu’elle donne son avis quant à la manière de faire pour chasser ces envahisseurs. Les Portugais avaient déjà tenté de s’introduire dans le pays au 16ème siècle avec Bartholomé Dias, mais ils ne s’y étaient pas établi. Face à ces nouveaux parasites, Nehanda conseille aux habitants du pays de ne pas s’en faire. Elle leur explique que ces derniers sont là dans un but commercial et qu’il faut les accueillir en leur offrant une vache noire. S’ils peuvent participer au bien être du pays, pourquoi les accueillir en ennemis?

Toutefois, les relations entre les colons anglais et la population autochtone s’envenimeront de jour en jour. Pour cause, les envahisseurs leur imposent de plus en plus de taxes, se montrent injustes par rapport aux accords sur les propriétés et les emplois qu’ils offrent, critiquent leurs croyances et les endoctrinent pour qu’ils adoptent le christianisme et qu’ils rejetent leur religion ancestrale. Trop c’est trop, le peuple pris au piège décide de refouler les Anglais par une force militaire. On parlera de la First Chimurenga (ou Première Chimurenga), « chimurenga » voulant dire « rebellion » dans la langue des Shona.

En mai 1896, la rébellion commence à Matebeland, et ce n’est ni un général, ni un chef qui dirige l’armée de Monomatapa, mais un prêtre traditionnel qui répond au nom de Mukwati. En octobre, ce sera au tour du prêtre Kaguvi et de la prêtresseNehanda de Mashonaland. Ces trois personnages précités seront les trois éléments principaux derrière cette fameuse rébellion. Kaguvi (ou Kagubi) est considéré comme étant l’époux spirituel de Nehanda. Il aurait fortement influencé cette dernière à inciter le peuple à se rebeller contre les Anglais, et à eux deux, ils seront ce qu’on appellera la « Voix » de Mwari , c’est à dire la voix de Dieu. Ils prêcheront au peuple que selon Mwari (Dieu) la source principale des malheurs qui s’abattent sur le pays c’est « l’homme blanc ». C’est à cause de l’homme blanc que la peste bovine a été introduite dans le pays, et c’est aussi à cause de lui que les criquets dévastent les champs. Mwari est formel, tous les Blancs doivent absolument quitter le pays. Et Mwari rajoute que le peuple n’a pas à craindre quoi que ce soit car Mwari enverra toutes les balles qui sortiront des fusils des Blancs dans l’eau.C’est donc avec l’aide des prêtres traditionnels que la population de Monomatapa combattra les côlons anglais.

Mais Nehanda sortira du lot des 3 médiums. En effet, il se produira au travers elle des miracles stupéfiants. Elle est par exemple capable d’esquiver les Anglais qui cherchent à la capturer en disparaissant comme par enchantement à plusieurs reprises, et ce, pendant plus d’une année.

Nehanda et Kaguvi après leur arrestation, juste avant la pendaison de Nehanda

Kaguvi et Nehanda qui seront accusés de meurtre, finiront par être captivés et condamnés à la pendaison avec l’aide de certains traîtres de Shona. Kaguvi sera capturé le premier, Nehanda le sera ensuite. Néanmoins, on leur propose de se convertir au christianisme pour éviter la pendaison. Kaguvi cèdera, mais Nehanda qui refusera sera emmenée pour être pendue. Cependant, les Anglais n’ont aucune idée de ce que Nehanda leur réserve comme surprise. De même que ceux qui assisteront à la scène de la pendaison,ils  seront témoins d’un phénomène inexplicable scientifiquement parlant:

Au moment où elle doit être pendue, la corde qui est censée retenir la gorge de Nehanda et l’étouffer se coupe brusquement. La foule présente ne manque pas de pousser des cris de stupéfaction. A la deuxième tentative, la même chose se produit et sur le visage des Anglais, qui n’y comprennent absolument rien,  une terreur évidente se laisse voir. Un prisonnier africain qui assiste à cette scène de pendaison et qui souhaite offrir son aide en échange de sa libération, propose aux policiers anglais de fouiller la poitrine de Nehanda et de retrouver sa blague à tabac. Selon le prisonnier, c’est de là que provient la puissance qui rompt mystérieusement la corde. Les policiers n’ont d’autre choix que d’essayer, et effectivement, après avoir retiré la blague que Nehanda a caché sous sa poitrine, la troisième tentative marche. Nehanda est étranglée par la corde. Elle parvient tout de même à sortir ses dernières paroles qui sont: « Mes os reprendront vie!« 

Rappelez-vous toutefois que selon la tradition, à la mort de chaque personne qu’il possède, l’esprit de Nehanda revit dans un autre corps. C’est ce qui arrivera pas plus tard qu’au 20ème siècle, durand la « Second Chimurenga », alors que le pays porte nom de RhodesieNous sommes en 1972, l’esprit de Nyamhika Nehanda a pris possession du corps d’une vielle médium. Cette dernière devient celle que le peuple consulte pour les plus grandes décisions politiques. Ses prophéties et ses recommandations seront notamment une aide efficace à la révolution du peuple. Elle  meurt en 1973.

Si l’esprit de Nehanda continue à habiter les femmes qu’il se choisit, la grande question que vous vous posez sans doute est: « En qui Nehanda vit-elle actuellement? ». On ne le sait pas, et qui sait, on le saura peut être plus tard, voire jamais. Notons que la légende dit que l’esprit de Nehanda peut occuper le corps d’un lion, et ce, tant qu’il n’aura pas encore trouvé le corps humain idéal qu’il pourra posséder.

Nehanda Nyakasikana restera à jamais la figure emblématique de la résistance coloniale du Zimbabwe. Aujourd’hui, celle que les Zimbabwéens surnomment affectueusement « Mbuya« , ou « Grand-Mère« , repose en paix parmi les héros nationales zimbabwéens…ou disons plutôt, « son corps se repose ».

 Natou Pedro Sakombi

 

NEFERTITI, la Belle est venue…

Nefertiti1Qu’elles aient été reines, princesses ou des divinités, les grandes dames de l’Egypte antique ont toujours fasciné les amoureux de cette merveilleuse civilisation. Mais il en est une qui suscitera éternellement le respect et l’admiration grâce au grand mystère qui existe autour de son personnage et de son rôle. La Dame de Grâce, la Dame des deux Terres, Maîtresse de toutes les Femmes, la Grande Épouse Royale, la Femme du Grand Roi, l’Épouse Principale du Roi et sa Bien-Aimée et l’on en passe, autant de titres honorifiques réservés à une seule et même femme…Vous êtes sur le point de lire le récit de l’une des pus grandes reines que l’humanité n’ait jamais connue…Voici l’histoire de la Reine Néfertiti d’Egypte.

Néferkhéperou Rê, un prince de 15 ans et fils d‘Amenhotep III, devient roi à la mort de son père. Il portera désormais le nom d’Amenhotep IV (ou en grec, Aménophis IV). Il épouse une jeune fille de 12 ans  d’une très grande beauté que le peuple va affectueusement surnommer Nefertiti, ce qui signifie « la belle est venue« . Les origines de cette nouvelle princesse nous sontt encore à ce jour très peu connue. Certains disent qu’elle n’était pas de lignée royale, qu’elle serait la fille  d’un ministre d’Amenhotep III, Aÿ, qui n’était autre que le frère de la Reine Tiyi. D’autres disent, qu’elle avait bien le sang bleu, et qu’il s’agirait de Tadoupika, la fille du roi de Mitanni , un royaume au nord de la Syrie. Ce roi, Toushratta, aurait fait venir sa fille de loin pour donner sa main au fils du roi d’Egypte, d’où son surnom qui sous entend qu’elle serait effectivement venue de loin. Mais cette thèse, nombreux sont ceux qui la réfutent, car elle voudrait dire que Nefertiti était étrangère à l’Egypte. Quand à sa mère, là aussi le mystère se prolonge. Certains pensent même que Nefertiti était la fille de Tiyi, là où d’autres disent qu’elle ‘était simplement sa nourrice.

Néfertiti donnera six filles à son époux Amenhotep. Le roi aura deux fils, Smenkhkare, avec une autre épouse royale, la Reine Kiya, et Tutankhamon, avec une autre épouse  dont le nom reste inconnue à ce jour.  

Nefertiti 

Akhenaton avait une relation très profonde avec la Grande Épouse Royale Néfertiti. D’après ce que nous en disent les reliefs des temples égyptiens, le couple royal était inséparable. Sur les fresques murales, ils apparaissent dans des scènes de bonheur intense, parfois entourés de leur famille et de façon quasi utopique. On y voit par exemple le couple s’embrasser en public à bord d’un chariot en or massif tirés par deux chevaux blancs où Néfertiti est assise sur les genoux d’Akhenaton. Le Roi qui l’aimait passionnément composera pour elle un poème d’amour inscrit sur une stèle, l’immortalisant comme la reine idéale. En voici un extrait:

« Et l’héritière, la Grande du Palais, au visage magnifique, ornée des doubles plumes, Maîtresse de la Joie, dotée de toutes les faveurs, dont la voix réjouit le Roi, la Grande Épouse Royale du Roi, sa bien-aimée, la Dame des Deux-Terres, Neferneferouaton-Néfertiti, qu’elle vive pour toujours et à jamais ».

Il est utile de rappeler qu’aucun autre monarque d’Égypte n’avait concédé à la Femme une place aussi importante que ne l’avait fait Akhenaton. Et cela se ressentait dans sa vie amoureuse tout comme dans sa façon de penser ou dans sa foi. Même s’il aimait Nefertiti plus qu’aucune autre femme et la plaçait au-dessus de tout, les fresques nous apprennent que ses autres épouses jouaient elles aussi des rôles considérables dans les cultes ou les cérémonies royales. Chaque épouse avait son sanctuaire qu’on avait coutume d’appeler « temple parasol« , situé dans un environnement végétal et aquatique pour rappeler l’importance de la femme dans le renouvellement du cycle de la création par le dieu Aton. Toutefois, c’est l’image de Néfertiti qui apparaitra aux quatre coins du sarcophage en granite d’Akhenaton. Sa grande épouse avait visiblement le rôle de protéger sa momie après sa mort, un rôle qui traditionnellement était joué par les déesses telles qu‘Aset, Neb-Hout, Selket ou Neith. Il s’agit là encore de l’une des nombreuses manifestations d’amour d’Akhenaton à l’égard de Néfertiti. Le couple royale a vécu à une époque particulière de l’histoire de l’Égypte. C’est une période de grande controverse religieuse et de  changement radical dans le culte égyptien. Le Roi et la Reine seront eux-mêmes responsables et déclencheurs de cette révolution. Akhenaton et Néfertiti vont être les initiateurs du culte rendu au dieu du disque solaire Atona.
 

 Les tendances portent à croire que Néfertiti a été l’initiatrice même de ce changement de pratique religieuse, incitant ainsi son époux à la suivre dans sa nouvelle démarche spirituelle. Elle occupe d’ailleurs des places importantes dans les cérémonies, elle devient la grande Prêtresse du culte voué à Atona. Et bien plus que des initiateurs, son époux et elle deviennent des intermédiaires obligatoires entre les hommes et le dieu du disque solaire. Tout être humain qui souhaite adorer Atona doit impérativement  passer par Nefertiti et Akhenaton. Le changement radical s’opère même dans leurs noms, et elle qui jusqu’alors se prénommait Néfertiti change son nom et devient Néfernéferouaton ce qui signifie Belle est la perfection d’Atona . Amenhotep prend le nom d’Akhénaton, c’est à dire Celui qui est bénéfique (ou utile) à Atona. Ils quittent leurs palais de Thèbes et de Memphis pour habiter à Akhet-Aton, « la ville de l’horizon d’Aton », une cité merveilleuse construite dans la plaine entre les falaises et le Nil, où toute  la cour et l’administration royales vont également déménager. Lorsqu’ils y emménagent, la nouvelle résidence est encore en pleine construction. Les temples dédiés au dieu unique Aton sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d’y entrer.

 Hélas, la division va peu à peu s’installer au palais: des clans se forment et la relation du couple royale s’envenime. Après 12 ans de vie commune, les époux décident de se séparer définitivement. Akhenaton renie finalement sa promesse à Atona et à son peuple en rentrant  à Thèbes et en laissant Néfertiti seule à Akhet-Aton. Mais la Reine est une femme de caractère, farouche et déterminée, certes avec un brin de désespoir, elle s’acharnera à poursuivre le rêve chancelant.

C’est d’ailleurs à ce moment là que le grand maître sculpteur Djéhoutymosé taille le fameux buste immortel de Néfertiti. Elle a 25 ans, elle est jeune et déjà presque déchue, mais malgré cela, son regard demeure celui de l’éternité. , Petit à petit, la capitale Akhet-Aton est abandonnée par ses habitants. Nefertiti se retrouve seule au palais, passant en revue les multiples possibilité de relever les promesses faites à Atona. Akhenaton meurt à 30 ans des suites d’une longue maladie, laissant une Égypte affaiblie et désarmée devant ses voisins.

nefertitiFaux buste de Nefertiti (oeuvre de Borchardt qui a souhaité lui donner des apparences caucasiennes)

Personne ne connait le sort final de la Grande Néfertiti si ce n’est qu’elle serait morte à 35 ans et qu’on aurait perdu toute trace d’elle. Et pour cause, Horemheb, dernier pharaon de la XVIIIème dynastie ainsi que ceux qui lui succèderont maudiront la Cité et effaceront toute trace d’Akhenaton, de Néfertiti et du dieu Soleil.

On ne retrouvera le vestige de la Cité mystique d’Akhenaton et le buste polychrome de Néfertiti qu’en 1912, suite aux fouilles de l’archéologue allemand Ludwig Borchardt. Rappelez-vous ce fameux buste de la Reine Nefertiti. Elle vous apparait telle une femme de grande beauté, à la peau claire et aux traits caucasiens. Ne soyez pas dupes!  D’autres chercheurs allemands qui se sont basés sur une sculpture vieille de 3.400 ans et signé Djéhoutymosé, ont pu démontrer selon la tomographie du visage de cette œuvre que la Reine avait une petite bosse au niveau du nez et des traits qui visiblement étaient très éloignés de ce buste de Bordchardt.

 

nef1En juin 2003, la scientifique britannique Joann Fletcher de l’université de York et son équipe annoncent à la presse qu’une momie a été retrouvée dans une tombe anonyme et qu’ils sont presque certains qu’il s’agisse d’une célèbre reine égyptienne : Néfertiti.

Pour confirmer son identité et, ils font appel à deux experts britanniques spécialistes dans le domaine de l’investigation médico-légale, Damian Schoffield de l’université de Nottingham et Martin Evison de l’université de Sheffield. Ils sont tous deux spécialisés dans la reconstitution de visages à partir de crânes pour des meurtres dont l’identité des victimes n’est pas connue. Les deux spécialistes vont utiliser la méthode des rayons X qu’ils passeront tout autour de la boîte crânienne de la momie pour déterminer son identité. Ils ont ensuite mis au point un logiciel d’ordinateur à images 3-D  pour repérer là où les tissus humains devaient être incorporés. Puis, ils ont ajouté les muscles faciaux au visage pour lui donner son aspect et sa morphologie. Pour finir, c’est un graphiste qui a ajoutera la texture de la peau, les yeux, la couleur, les lèvres et la couronne. A leur grand étonnement, c’est le visage d’une femme de type négro-africain qui apparait! Fletcher confiera à la presse : « Cela m’a bouleversé, et pour être honnête, c’est le visage d’une personnalité forte. Elle avait un si beau profil, elle était ravissante« . Mais trois jours plus tard, pour Zahi Hawass, directeur de l‘ESCA (Conseil suprême des Antiquités égyptiennes), il n’y a aucune preuve pour affirmer l’hypothèse qu’il s’agisse bien de Néfertiti, il parle même supercherie. Joan Fletcher sera bannie de l’Esca, mais continuera à affirmer que la momie est bien celle de Nefertiti d’Égypte.

nef2Ce visage, est-ce bien celui de Néfertiti? L’une des plus grandes reines qu’ait connu Kemet? On ne pourra peut-être jamais l’affirmer avec certitude. Par contre, une chose ne doit jamais pas quitter nos esprits car les faits ont été démontrés scientifiquement et sont irréfutables: l’empire égyptien antique , a accueilli la première et plus grande civilisation dans l’histoire humaine, et cette civilisation était appelée à l’origine Kemet, ce qui veut dire en medu netjer (égyptien ancien) « la terre des Noirs« . Le peuple de l’Égypte antique était donc bel et bien NOIR.

C’était un récit sur la vie de Néfertiti, l’une des plus grandes Reine d’Afrique…

Natou Pedro Sakombi

 

NDATÉ YALLA MBOJ, Reine de Walo: « ce pays est à moi seule! »

ndate 4Lorsque les Français arrivent au Sénégal en 1855 pour le coloniser, la première force de résistance qu’ils rencontrent est une femme. Son nom: Ndaté Yalla Mboj.

Alors qu’en France la citoyenneté féminine ne sera reconnue que 90 ans plus tard, ce n’est pas sans surprise que les Français découvrent que cette femme au beau visage et à la corpulence forte est à la tête d’une immense armée. Pour comprendre l’histoire de cette femme au courage absolu, il est nécessaire de rappeler qui était sa famille.

Ndaté Yalla vient de la famille Tédiek, une famille qui s’est enrichie au cours de son long règne en accumulant fortune et  armes grâce à des échanges avec les comptoirs français. Notez qu’en ces temps là, les souverains sénégalais des Royaumes Wolofs portaient le titre de « Brack« , et les mères ou soeurs des souverains étaient appelées « Linguères« . Les linguères pouvaient succéder aux souverains et certaines dirigeaient elles mêmes leur armée.

A la mort du Brack Kouly MBaba Diop en 1816, sa cousine la Linguère Fatim Yamar  Khouriaye Mbodj lui succède et décide d’élir son mari Amar Fatim Borso Brak du Waalo. C’est la première fois qu’une Linguère est en même temps l’épouse d’un Brack. Les Linguères étaient préparées à diriger leur peuple, politiquement et militairement. Elles étaient formées au métier des armes et savaient défendre le Royaume même en l’absence des hommes. Les Evènements de Nder en sont le meilleur exemple:

ndatte 2

Le mardi 7 mars 1820, le Brack se trouve dans la ville de St Louis pour s’y faire soigner en compagnie des hauts dignitaires de sa cour. Les guerriers des deux états voisins, les Maures,  profitent alors  de son absence pour attaquer la capitale mais reculent très vite face à la riposte d’un groupement de femmes téméraires armées jusqu’aux dents et dirigé par Fatim Yamar elle-même. Lorsque les guerriers vaincus s’en retournent chez eux, leur orgueil leur pousse à revenir et à venir à bout de ces femmes audacieuses. Cette fois, l’armée féminine ne tient pas face aux hommes, la Linguère et ses compagnes préfèrent se brûler vives plutôt que faire face au déshonneur. Fatim Yamar décide de faire échapper ses deux filles de 10 et 12 ans, Djeumbeut et Ndaté Yalla, afin de perpétuer sa lignée. Eduquées en guerrières, les deux filles dirigeront plus tard le royaume.

Ndaté Yalla est la dernière souveraine du Waloo. Elle a succédé à sa soeur Djeumbeut juste après la mort de cette dernière le 1er Octobre 1846. Elle dirige le Royaume d’une main de fer et représente une vraie menace et une vraie source de problèmes pour les colons français à qui elle résiste fermement.

ndatteNormalement, lorsque les Français signent des accords avec le peuple Wolof, seuls des noms de Brack y figurent. Mais l’année ou Ndaté Yalla monte sur le trône, la signature d’une femme y figure, et c’est la sienne. La souveraine  impressionne tellement les Français qu’ils se contentent de ne passer que par elle, ne donnant plus d’importance aux autres Bracks des Royaumes Wolofs. Il arrivait même que les lettres envoyées au gouverneur ne portent que la signature de Ndaté. Toutefois, Ndaté Yalla n’est pas dupe, elle savait faire preuve d’intelligence et de vigilence face aux propositions des occupants. On retient ce qu’elle écrira en s’adressant à l’Administrateur Faidherbe le 23 mai 1851:

« Le but de cette lettre est de vous faire connaître que l’Ile de Mboyo m’appartient depuis mon grand-père jusqu’à moi. Aujourd’hui, il n’y a personne qui puisse dire que ce pays lui appartient, il est à moi seule ».

Ndaté se considérait comme étant le seul souverain du Royaume du Waalo. Elle défiera les Français durant tout son règne et leur livrera une série de batailles acharnées. En 1847, elle réclame le passage libre de la population des Saraokés qui ravitaillent l’Ile de St-Louis en bétail. Dans sa lettre au gouverneur, elle écrira ceci:

 «C’est nous qui garantissons le passage des troupeaux dans notre pays ; pour cette raison nous en prenons le dixième et nous n’accepterons jamais autre chose que cela. St Louis appartient au Gouverneur, le Cayor au Damel et le Waalo au Brack. Chacun de ces chefs gouverne son pays comme bon lui semble »

Ndaté n’hésitera pas à piller les alentours de St Louis et à menacer le Gouverneur verbalement ou par correspondance. Les Français réclameront un remboursement des dommages causés par les pillages mais Ndatté refusera catégoriquement et fièrement. Ainsi, elle finit par faire prévaloir ses droits sur l’Ile de Mboyo et l’Ile de Sor (actuelle ville de St Louis).

Le 5 novembre 1850 Ndaté interdit tout commerce dans les marigots de sa dépendance et pousse les Français au bout de ce qu’ils peuvent supporter. Faidherbe ordonne une bataille contre les troupes du Waloo qui cette fois sont battues face à la puissance technologique de l’ennemi.

Après avoir vaincu Ndaté Yalla, Faidherbe emmène son fils Sidya, qui n’a que dix ans à Saint-Louis pour le scolariser à l’école des otages. Ce que Faidherbe ignore c’est que l’enfant a déjà reçu une éducation semblable à celle qu’avait reçu sa mère. La reine a  inculqué à son fils le sens de la fierté nationale et un esprit de stratège dès son plus jeune âge. L’enfant sera envoyé au Lycée Impérial d’Alger en 1861, et deux ans plus tard, demandera à Faidherbe de revenir au Sénégal. Ce dernier acceptera et baptisera le jeune homme  Léon en devenant lui même son parrain.

Sidya n’a que 17 ans quand la colonie française lui confie le commandement du canton de Nder. Chose surprenante, le jeune homme refuse. En nationaliste initié par sa mère, Sydia décide de défier les Français. Il se débarrasse de tout ce qu’il a appris des Européens pour se tourner vers les traditions de son peuple et revêtir le vêtement traditionnel. Le fils de la reine porte des tresses de Thiédo que nous connaissons plus communément sous le terme de dread locks. Il se jure de ne même plus parler la langue des colons ni de porter leurs vêtements.

En novembre 1869, Sidya dirige une insurrection générale contre les français, ce qui entraîne de lourdes pertes du côté des troupes françaises. Il sera néanmoins traqué sans cesse par l’administration coloniale, et quand il arrive à Lat Dior pour concrétiser un front de libération nationale, il est trahi par ses guerriers qui le livrent au Gouverneur Valère à Saint-Louis le 25 décembre 1875. Sydia  sera déporté au Gabon en 1876 où il meurt en 1878, à l’âge de 30 ans.

Que retenir de Ndaté Yalla Mboj? Une souveraine, une combattante, une résistante, une mère et une éducatrice. Et c’est exactement ce que les Sénégalais retiennent aujourd’hui de la Reine Ndaté Yalla Mboj, figure emblématique de la résistance coloniale du Sénégal, une Reine et Héroïne d’Afrique.

ndatte 4Petite histoire autour de cette représentation de Ndtaté Yalla Mboj où on la voit fumer sa pipe royale: Le 2 septembre 1850, l’abbé David Boilat assiste à une scène époustouflante et décide d’en capturer l’image. C’est elle, Ndaté Yalla, en train de fumer sa pipe d’honneur. Elle est entourée de plus de cinq cents femmes en tenues somptueuses, de princes et de guerriers. Cette représentation reste la plus célèbre qu’on connait de la Reine Ndaté Yalla Mboj.

Natou Pedro Sakombi