De la déesse Sekhmet à la Lionne Nyabinghi, Reine intemporelle des Rastafari

nyaDerrière son nom, « Nyabinghi« , qui veut dire la « victoire des Noirs » (Nya= Noir, binghi=victoire) dans la langue de la région de Kush qui se situe entre l’Egypte et l’Ethiopie actuels,  se cache une histoire quelque peu compliquée.

Le nom tient son origine d’un terme pour définir un soulèvement anti-colonialiste dans le sud-ouest de l’Ouganda, au milieu du 19ème siècle et au début du 20ème. Ce mouvement avait été mené par un groupe de femmes dont la leader était une guérisseuse charismatique répondant au nom de Muhumusa, vraie meneuse dans la lutte contre l’armée coloniale germanique. On dit qu’elle était possédée par l’esprit d’une reine amazone légendaire nommée Nyabinghi, et qu’elle-même avait hérité de ce titre.
Mais cette amazone qui possédait Muhumusa a t-elle véritablement existé? Certains historiens attribuent l’histoire à une légende et pensent que les Africains s’étaient inventés une Reine des Reines Africaine, envoyée de Dieu et de son fils pour venger le peuple noir. Ils l’auraient vue en la personne de Makeda, reine de Saba ou en l’Impératrice Candace. Et dans une grille de lecture occidentale, tout cela n’est que fable et invention créée par l’homme noir dans le but de se rassurer d’un salut imminent et divin. Les Africains persisteraient à croire que l’esprit de cette Reine des Reines prend possession de différentes femmes noires à travers les époques.

Cependant, nous constaterons dans ce récit qu’en réalité, l’origine de Nyabinghi ne remonte pas à Muhumusa, ni à une reine amazone. Et pour en comprendre le sens, il y a lieu de simplement garder en mémoire que Nyabinghi est le nom commun porté par une série de reines guerrières africaines et qu’il s’agit d’un seul esprit agissant en elles toutes. Et la première Nyabinghi habitée par cet esprit était également la première à porter ce titre et ce nom, raison pour laquelle celles qui l’ont suivi le portèrent aussi bien.

nya3à gauche, représentation de la Déesse Sekhmet

Quel esprit possédait donc les Reines Nyabinghi?

La toute première Reine des Reines « Nyabinghi » aurait vécu en Egypte. Il s’agissait de Sekhmet, déesse guerrière représentée par une tête de lionne et instrument de la vengeance de Rê contre l’insurrection des hommes. Redoutable, de sa bouche de lionne sortaient les vents du désert. Ce serait donc l’esprit de Sekhmet qui agirait en toutes les Reines connues sous le nom de Nyabinghi. Retenez bien ce point de l’histoire, il vous sera nécessaire à saisir la suite du récit.

La première Reine  à porter le titre de Nyabinghi

Selon une autre histoire, la première Nyabinghi qui aurait hérité de l’esprit de Sekhmet était une Reine-Prêtresse de la province de Kush (Ethiopie et Egypte) qui s’était rebellée contre la précarité d’une vie que menait son peuple suite à une occupation étrangère. Coiffée de dreadlocks et descendante du Roi des Rois de la région de Kush, elle se serait enfuie suite aux menaces des oppresseurs et envahisseurs qui occupaient sa terre natale. Égarée dans les forêts épaisses jusqu’à atteindre les régions de l’actuel Congo, Soudan et Ouganda, et grâce à sa témérité, elle aurait en peu de temps réussi à créer une guérilla et formé une armée de rebelles, tous portants des dreadlocks et connus comme les « Enfants de Nyabinghi » ou sous le diminutif de « Binghis« .

bagirwa

Nyabinghi les aurait entrainé à retourner sur sa terre natale et à attaquer les envahisseurs de son peuple grâce à une embuscade intelligemment élaborée. Sa force et son courage à diriger son armée étant conduits par l’esprit de Sekhmet , les envahisseurs avaient rapidement pris la fuite. La justice, la paix et la stabilité avaient enfin regagné la région de Kush.

Nyabinghi aurait laissé un code de vie à ses prédécesseurs, les « Codes de vie de Nyabinghi »:

  • Premièrement, Nyabinghi est un vrai défenseur de la paix, de la justice et de l’ordre sur la terre-mère. Il n’y a rien de plus précieux à Nyabinghi que la terre d’Afrique où les Binghis ont tous vu le jour, où ils ont grandi.
  • Nyabinghi aime l’humanité toute entière sans exception. Elle glorifie les œuvres du père et du fils et les Binghis doivent en faire autant.
  • Les Binghis sont les gardiens de la terre-mère et les frères et soeurs de tous les êtres vivants de la création. Ils doivent les aimer, les respecter et constamment leur témoigner de la compassion.
  • Les Binghis doivent en tout temps aspirer à la justice et la manifester dans leurs actes, leurs pensées et leurs paroles. Ils ne doivent jamais pratiquer le mal car c’est le mal qui affaiblit le fort.
  • Les Binghis doivent toujours partager leur eau avec ceux qui ont soif, leur nourriture avec ceux qui ont faim, leurs vêtements avec ceux qui sont dépouillés et leur bateaux avec ceux qui doivent voguer au loin.
  • Nyabinghi fait preuve de loyauté et de sincérité avec le juste, mais celui qui agit avec injustice sera éprouvé par le feu.

Différentes versions nous parlent de la fin de Nyabinghi. Pour certaines, elle aurait été tuée au combat, pour d’autres, elle aurait cessé de se battre après avoir perdu un oeil, ou après avoir perdu un enfant. Le fait demeure que la Reine des Reines aurait connu une fin peu glorieuse. Toutefois, elle aurait tellement été vénérée que l’on pense qu’elle aurait disparue de la surface de la terre. Les médiums, les prophètes et les sages confirment ces faits et disent être régulièrement en communication avec la Sainte Patrone de l’Afrique de l’au-delà. On dit même que Nyabinghi revient à la vie partout où les enfants d’Afrique font appel à elle, que ce soit en Afrique ou dans la Diaspora.

Pendant des millénaires, elle sera adorée et vénérée en Afrique. Tous les  médiums, les prophètes et les adeptes de Nyabinghi se reconnaissent facilement par leurs caractéristiques communes: ils portent des dreadlocks, un lion ou une lionne comme totem et ont fait le serment de toujours placer le bien être de l’Afrique en priorité.

D’après les premiers colons et maitres esclavagistes anglais, les adeptes de Nyabinghi avaient formé une très grande société secrète  à travers tout le continent et leur manifestaient une sérieuse résistance. Leurs présences étaient simultanément relevées au Nigéria, en Sierra Leone, en Gambie, au Sénégal, au Soudan, au Congo et en Ouganda. Et malgré les armements sophistiquées des soldats britanniques, ces derniers ne parvenaient à cerner le courage des Binghis. Ils étaient prêts à se battre jusqu’à la mort et voyaient en leur fin une certaine dignité royale. C’est comme s’ils recherchaient carrément à mourir dans ces conditions.

Cette résistance a même été retrouvée parmi la communauté des Marrons des Caraïbes et en Amérique du Sud, où les Binghis n’hésitaient pas à comploter pour empoisonner les maitres esclavagistes et leurs bétails ou à vandaliser leurs domaines et leurs plantations.

Maintenant souvenez-vous de Muhumusa, évoquée au début de ce récit. Les colons européens firent sa rencontre au 20ème siècle, alors qu’elle était à la tête d’une guérilla de Binghis composée uniquement de femmes. Ceux qui la soutiennent pensent qu’elle est la réincarnation de la Reine de Kush, en l’occurrence la première Nyabinghi à avoir hérité de l’esprit de Sekhmet. Ses adeptes portaient des dread locks, fumaient du cannabis, et se battaient avec violence contre les colons allemands. Muhumusa est décrite dans les anales allemandes comme une femme au caractère bien trempé, extrêmement forte physiquement et très courageuse.

Le mouvement Nyabinghi sera condamné par les Britanniques et considéré comme de la « sorcellerie » et l’ordonnance de 1912 en faveur du christianisme  interdira formellement toute pratique du culte de Nyabinghi, cérémonie pendant laquelle l’esprit de la déesse à la tête de lionne est invoqué et où les adeptes chantent et dansent pour elle, bien souvent en transe.

Muhumusa sera capturée par les Britannique et sera détenue prisonnière jusquà sa mort à Kampala (Ouganda) de 1913  à 1945, ce qui n’empêchera pas à ses adeptes de continuer leur lutte contre le colonialisme. L’armée féminine dont elle était à la tête sera dirigée successivement par d’autres femmes, parfois des hommes, en qui l’esprit de la Déesse Lionne, Patronne de l’Afrique, Fille et Mère du Grand Dieu et  Reine des Reines Sekhmet-Nyabinghi, vient habiter pour les aider à combattre les envahisseurs et ennemis de l’Afrique.

Le lion, symbole de royauté du mouvement Rastafari
lion

nya2Le mouvement de résistance des Binghis aura un très gros impact sur la tradition Rastafari et notamment en ce qui concerne les Codes de Vie de Nyabinghi. En Jamaïque, la traduction de Nyabinghi signifie « mort à l’oppresseur blanc et à ses alliés noirs ». Notons que l’Ordre Nyabinghi est l’un des piliers du Mouvement rastafari. Le culte est entièrement consacré à Hailé Sélassié que l’on dit être  l’incarnation de Dieu sur Terre (Jah), et du Christ Noir, revenu sur terre en son caractère royal. Le mouvement Rastafari encourage le retour en Afrique pour tous les Noirs de la diaspora tel que le revendiquait notamment Marcus Garvey.  L’Histoire de l’Afrique y tient une place primordiale.

 

Natou Pedro Sakombi

Nehanda Nyakasikana,ou l’Esprit de Nehanda Nymhika: Mes os reprendront vie…

NehandaL’histoire de Nehanda c’est aussi celle de la spiritualité africaine, et plus précisément du rapport que l’homme entretient avec les ancêtres et Dieu. Le récit est quelque peu complexe mais nous tenterons de le simplifier au mieux. Il nous faudra remonter au 15ème siècle, vers 1430, car c’est là où véritablement tout commence. Pour situer l’époque, disons queChristophe Colomb n’a pas encore découvert l’Amérique, et c’est à cette période que vit la toute première jeune femme à porter le nom de Nehanda.

En réalité la jeune femme s’appelle Nyamhika, et son père n’est autre que le célèbre Empereur Mutota, fondateur et premier empereur de l’Empire Monomatapa  (actuel Zimbabwe). Il fondera également l’Etat de Mutapa (Mutapaland). Mutota a également un fils, Matope, demi-frère de Nyamhika, qui plus tard deviendra le second Empereur de Monomatapa. Afin de rendre son fils plus puissant, et selon la tradition, Mutota organisera un rituel dans lequel il obligera son fils à commettre l’inceste en couchant avec sa demi-soeur Nyamhika. D’après la légende, ce rituel incestueux rendra Matope extrêmement puissant à son ascension au trône. L’Empire atteindra son apogée et s’agrandira de façon considérable, à tel point que Matope décidera de céder un partie de l’empire à sa demie-soeur Nyamhika. C’est ainsi qu’elle est deviendra « Nehanda« , car elle dirigera le territoire de « Handa ». Sa renommée dépassera même celle de Matope.

A la mort de Nehanda-Nyamhika, son esprit aurait continué à vivre dans le corps d’un lion, cherchant le corps humain idéal  à posséder. Une fois trouvé, Nehanda deviendrait l’oracle de Dieu en prophétisant au travers de la personne possédée. Ainsi, l’esprit de Nehanda aurait continué à vivre dans diverses personnes, à tour de rôle, et pendant plusieurs siècles. Toutes les personnes habitées par l’esprit de Nehanda développeront communément un don de médium extraordinaire car l’esprit de Nehanda sera l’esprit protecteur du peuple de Monomapata.

Quelques siècles plus tard, on découvre que l’esprit de Nehanda vit dans le corps d’une jeune femme nomméeNyakasikana. Dès lors, cette dernière est considérée comme la réincarnation Nehanda-Nyamhika. Elle devient la prêtresse du village de Shona et porte désormais le nom de Nehanda- Nyakasikana. Ses qualités exceptionnelles de médium se répandent dans tout le pays et c’est elle que l’on consulte pour les grandes décisions politiques. Les Shona sont monothéistes, ce qui ne les empêche pas de pratiquer le culte des ancêtres. Ils croient en la réincarnation des ancêtres qui après leur mort possèdent des membres de la famille. L’esprit de l’ancêtre mort est en contact direct avec Dieu et peut par conséquent servir d’intermédiaire entre les hommes et Dieu.

En 1890, les Anglais débarquent au Zimbabwe. On se tourne alors vers Nehanda pour qu’elle donne son avis quant à la manière de faire pour chasser ces envahisseurs. Les Portugais avaient déjà tenté de s’introduire dans le pays au 16ème siècle avec Bartholomé Dias, mais ils ne s’y étaient pas établi. Face à ces nouveaux parasites, Nehanda conseille aux habitants du pays de ne pas s’en faire. Elle leur explique que ces derniers sont là dans un but commercial et qu’il faut les accueillir en leur offrant une vache noire. S’ils peuvent participer au bien être du pays, pourquoi les accueillir en ennemis?

Toutefois, les relations entre les colons anglais et la population autochtone s’envenimeront de jour en jour. Pour cause, les envahisseurs leur imposent de plus en plus de taxes, se montrent injustes par rapport aux accords sur les propriétés et les emplois qu’ils offrent, critiquent leurs croyances et les endoctrinent pour qu’ils adoptent le christianisme et qu’ils rejetent leur religion ancestrale. Trop c’est trop, le peuple pris au piège décide de refouler les Anglais par une force militaire. On parlera de la First Chimurenga (ou Première Chimurenga), « chimurenga » voulant dire « rebellion » dans la langue des Shona.

En mai 1896, la rébellion commence à Matebeland, et ce n’est ni un général, ni un chef qui dirige l’armée de Monomatapa, mais un prêtre traditionnel qui répond au nom de Mukwati. En octobre, ce sera au tour du prêtre Kaguvi et de la prêtresseNehanda de Mashonaland. Ces trois personnages précités seront les trois éléments principaux derrière cette fameuse rébellion. Kaguvi (ou Kagubi) est considéré comme étant l’époux spirituel de Nehanda. Il aurait fortement influencé cette dernière à inciter le peuple à se rebeller contre les Anglais, et à eux deux, ils seront ce qu’on appellera la « Voix » de Mwari , c’est à dire la voix de Dieu. Ils prêcheront au peuple que selon Mwari (Dieu) la source principale des malheurs qui s’abattent sur le pays c’est « l’homme blanc ». C’est à cause de l’homme blanc que la peste bovine a été introduite dans le pays, et c’est aussi à cause de lui que les criquets dévastent les champs. Mwari est formel, tous les Blancs doivent absolument quitter le pays. Et Mwari rajoute que le peuple n’a pas à craindre quoi que ce soit car Mwari enverra toutes les balles qui sortiront des fusils des Blancs dans l’eau.C’est donc avec l’aide des prêtres traditionnels que la population de Monomatapa combattra les côlons anglais.

Mais Nehanda sortira du lot des 3 médiums. En effet, il se produira au travers elle des miracles stupéfiants. Elle est par exemple capable d’esquiver les Anglais qui cherchent à la capturer en disparaissant comme par enchantement à plusieurs reprises, et ce, pendant plus d’une année.

Nehanda et Kaguvi après leur arrestation, juste avant la pendaison de Nehanda

Kaguvi et Nehanda qui seront accusés de meurtre, finiront par être captivés et condamnés à la pendaison avec l’aide de certains traîtres de Shona. Kaguvi sera capturé le premier, Nehanda le sera ensuite. Néanmoins, on leur propose de se convertir au christianisme pour éviter la pendaison. Kaguvi cèdera, mais Nehanda qui refusera sera emmenée pour être pendue. Cependant, les Anglais n’ont aucune idée de ce que Nehanda leur réserve comme surprise. De même que ceux qui assisteront à la scène de la pendaison,ils  seront témoins d’un phénomène inexplicable scientifiquement parlant:

Au moment où elle doit être pendue, la corde qui est censée retenir la gorge de Nehanda et l’étouffer se coupe brusquement. La foule présente ne manque pas de pousser des cris de stupéfaction. A la deuxième tentative, la même chose se produit et sur le visage des Anglais, qui n’y comprennent absolument rien,  une terreur évidente se laisse voir. Un prisonnier africain qui assiste à cette scène de pendaison et qui souhaite offrir son aide en échange de sa libération, propose aux policiers anglais de fouiller la poitrine de Nehanda et de retrouver sa blague à tabac. Selon le prisonnier, c’est de là que provient la puissance qui rompt mystérieusement la corde. Les policiers n’ont d’autre choix que d’essayer, et effectivement, après avoir retiré la blague que Nehanda a caché sous sa poitrine, la troisième tentative marche. Nehanda est étranglée par la corde. Elle parvient tout de même à sortir ses dernières paroles qui sont: « Mes os reprendront vie!« 

Rappelez-vous toutefois que selon la tradition, à la mort de chaque personne qu’il possède, l’esprit de Nehanda revit dans un autre corps. C’est ce qui arrivera pas plus tard qu’au 20ème siècle, durand la « Second Chimurenga », alors que le pays porte nom de RhodesieNous sommes en 1972, l’esprit de Nyamhika Nehanda a pris possession du corps d’une vielle médium. Cette dernière devient celle que le peuple consulte pour les plus grandes décisions politiques. Ses prophéties et ses recommandations seront notamment une aide efficace à la révolution du peuple. Elle  meurt en 1973.

Si l’esprit de Nehanda continue à habiter les femmes qu’il se choisit, la grande question que vous vous posez sans doute est: « En qui Nehanda vit-elle actuellement? ». On ne le sait pas, et qui sait, on le saura peut être plus tard, voire jamais. Notons que la légende dit que l’esprit de Nehanda peut occuper le corps d’un lion, et ce, tant qu’il n’aura pas encore trouvé le corps humain idéal qu’il pourra posséder.

Nehanda Nyakasikana restera à jamais la figure emblématique de la résistance coloniale du Zimbabwe. Aujourd’hui, celle que les Zimbabwéens surnomment affectueusement « Mbuya« , ou « Grand-Mère« , repose en paix parmi les héros nationales zimbabwéens…ou disons plutôt, « son corps se repose ».

 Natou Pedro Sakombi

 

NEFERTITI, la Belle est venue…

Nefertiti1Qu’elles aient été reines, princesses ou des divinités, les grandes dames de l’Egypte antique ont toujours fasciné les amoureux de cette merveilleuse civilisation. Mais il en est une qui suscitera éternellement le respect et l’admiration grâce au grand mystère qui existe autour de son personnage et de son rôle. La Dame de Grâce, la Dame des deux Terres, Maîtresse de toutes les Femmes, la Grande Épouse Royale, la Femme du Grand Roi, l’Épouse Principale du Roi et sa Bien-Aimée et l’on en passe, autant de titres honorifiques réservés à une seule et même femme…Vous êtes sur le point de lire le récit de l’une des pus grandes reines que l’humanité n’ait jamais connue…Voici l’histoire de la Reine Néfertiti d’Egypte.

Néferkhéperou Rê, un prince de 15 ans et fils d‘Amenhotep III, devient roi à la mort de son père. Il portera désormais le nom d’Amenhotep IV (ou en grec, Aménophis IV). Il épouse une jeune fille de 12 ans  d’une très grande beauté que le peuple va affectueusement surnommer Nefertiti, ce qui signifie « la belle est venue« . Les origines de cette nouvelle princesse nous sontt encore à ce jour très peu connue. Certains disent qu’elle n’était pas de lignée royale, qu’elle serait la fille  d’un ministre d’Amenhotep III, Aÿ, qui n’était autre que le frère de la Reine Tiyi. D’autres disent, qu’elle avait bien le sang bleu, et qu’il s’agirait de Tadoupika, la fille du roi de Mitanni , un royaume au nord de la Syrie. Ce roi, Toushratta, aurait fait venir sa fille de loin pour donner sa main au fils du roi d’Egypte, d’où son surnom qui sous entend qu’elle serait effectivement venue de loin. Mais cette thèse, nombreux sont ceux qui la réfutent, car elle voudrait dire que Nefertiti était étrangère à l’Egypte. Quand à sa mère, là aussi le mystère se prolonge. Certains pensent même que Nefertiti était la fille de Tiyi, là où d’autres disent qu’elle ‘était simplement sa nourrice.

Néfertiti donnera six filles à son époux Amenhotep. Le roi aura deux fils, Smenkhkare, avec une autre épouse royale, la Reine Kiya, et Tutankhamon, avec une autre épouse  dont le nom reste inconnue à ce jour.  

Nefertiti 

Akhenaton avait une relation très profonde avec la Grande Épouse Royale Néfertiti. D’après ce que nous en disent les reliefs des temples égyptiens, le couple royal était inséparable. Sur les fresques murales, ils apparaissent dans des scènes de bonheur intense, parfois entourés de leur famille et de façon quasi utopique. On y voit par exemple le couple s’embrasser en public à bord d’un chariot en or massif tirés par deux chevaux blancs où Néfertiti est assise sur les genoux d’Akhenaton. Le Roi qui l’aimait passionnément composera pour elle un poème d’amour inscrit sur une stèle, l’immortalisant comme la reine idéale. En voici un extrait:

« Et l’héritière, la Grande du Palais, au visage magnifique, ornée des doubles plumes, Maîtresse de la Joie, dotée de toutes les faveurs, dont la voix réjouit le Roi, la Grande Épouse Royale du Roi, sa bien-aimée, la Dame des Deux-Terres, Neferneferouaton-Néfertiti, qu’elle vive pour toujours et à jamais ».

Il est utile de rappeler qu’aucun autre monarque d’Égypte n’avait concédé à la Femme une place aussi importante que ne l’avait fait Akhenaton. Et cela se ressentait dans sa vie amoureuse tout comme dans sa façon de penser ou dans sa foi. Même s’il aimait Nefertiti plus qu’aucune autre femme et la plaçait au-dessus de tout, les fresques nous apprennent que ses autres épouses jouaient elles aussi des rôles considérables dans les cultes ou les cérémonies royales. Chaque épouse avait son sanctuaire qu’on avait coutume d’appeler « temple parasol« , situé dans un environnement végétal et aquatique pour rappeler l’importance de la femme dans le renouvellement du cycle de la création par le dieu Aton. Toutefois, c’est l’image de Néfertiti qui apparaitra aux quatre coins du sarcophage en granite d’Akhenaton. Sa grande épouse avait visiblement le rôle de protéger sa momie après sa mort, un rôle qui traditionnellement était joué par les déesses telles qu‘Aset, Neb-Hout, Selket ou Neith. Il s’agit là encore de l’une des nombreuses manifestations d’amour d’Akhenaton à l’égard de Néfertiti. Le couple royale a vécu à une époque particulière de l’histoire de l’Égypte. C’est une période de grande controverse religieuse et de  changement radical dans le culte égyptien. Le Roi et la Reine seront eux-mêmes responsables et déclencheurs de cette révolution. Akhenaton et Néfertiti vont être les initiateurs du culte rendu au dieu du disque solaire Atona.
 

 Les tendances portent à croire que Néfertiti a été l’initiatrice même de ce changement de pratique religieuse, incitant ainsi son époux à la suivre dans sa nouvelle démarche spirituelle. Elle occupe d’ailleurs des places importantes dans les cérémonies, elle devient la grande Prêtresse du culte voué à Atona. Et bien plus que des initiateurs, son époux et elle deviennent des intermédiaires obligatoires entre les hommes et le dieu du disque solaire. Tout être humain qui souhaite adorer Atona doit impérativement  passer par Nefertiti et Akhenaton. Le changement radical s’opère même dans leurs noms, et elle qui jusqu’alors se prénommait Néfertiti change son nom et devient Néfernéferouaton ce qui signifie Belle est la perfection d’Atona . Amenhotep prend le nom d’Akhénaton, c’est à dire Celui qui est bénéfique (ou utile) à Atona. Ils quittent leurs palais de Thèbes et de Memphis pour habiter à Akhet-Aton, « la ville de l’horizon d’Aton », une cité merveilleuse construite dans la plaine entre les falaises et le Nil, où toute  la cour et l’administration royales vont également déménager. Lorsqu’ils y emménagent, la nouvelle résidence est encore en pleine construction. Les temples dédiés au dieu unique Aton sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d’y entrer.

 Hélas, la division va peu à peu s’installer au palais: des clans se forment et la relation du couple royale s’envenime. Après 12 ans de vie commune, les époux décident de se séparer définitivement. Akhenaton renie finalement sa promesse à Atona et à son peuple en rentrant  à Thèbes et en laissant Néfertiti seule à Akhet-Aton. Mais la Reine est une femme de caractère, farouche et déterminée, certes avec un brin de désespoir, elle s’acharnera à poursuivre le rêve chancelant.

C’est d’ailleurs à ce moment là que le grand maître sculpteur Djéhoutymosé taille le fameux buste immortel de Néfertiti. Elle a 25 ans, elle est jeune et déjà presque déchue, mais malgré cela, son regard demeure celui de l’éternité. , Petit à petit, la capitale Akhet-Aton est abandonnée par ses habitants. Nefertiti se retrouve seule au palais, passant en revue les multiples possibilité de relever les promesses faites à Atona. Akhenaton meurt à 30 ans des suites d’une longue maladie, laissant une Égypte affaiblie et désarmée devant ses voisins.

nefertitiFaux buste de Nefertiti (oeuvre de Borchardt qui a souhaité lui donner des apparences caucasiennes)

Personne ne connait le sort final de la Grande Néfertiti si ce n’est qu’elle serait morte à 35 ans et qu’on aurait perdu toute trace d’elle. Et pour cause, Horemheb, dernier pharaon de la XVIIIème dynastie ainsi que ceux qui lui succèderont maudiront la Cité et effaceront toute trace d’Akhenaton, de Néfertiti et du dieu Soleil.

On ne retrouvera le vestige de la Cité mystique d’Akhenaton et le buste polychrome de Néfertiti qu’en 1912, suite aux fouilles de l’archéologue allemand Ludwig Borchardt. Rappelez-vous ce fameux buste de la Reine Nefertiti. Elle vous apparait telle une femme de grande beauté, à la peau claire et aux traits caucasiens. Ne soyez pas dupes!  D’autres chercheurs allemands qui se sont basés sur une sculpture vieille de 3.400 ans et signé Djéhoutymosé, ont pu démontrer selon la tomographie du visage de cette œuvre que la Reine avait une petite bosse au niveau du nez et des traits qui visiblement étaient très éloignés de ce buste de Bordchardt.

 

nef1En juin 2003, la scientifique britannique Joann Fletcher de l’université de York et son équipe annoncent à la presse qu’une momie a été retrouvée dans une tombe anonyme et qu’ils sont presque certains qu’il s’agisse d’une célèbre reine égyptienne : Néfertiti.

Pour confirmer son identité et, ils font appel à deux experts britanniques spécialistes dans le domaine de l’investigation médico-légale, Damian Schoffield de l’université de Nottingham et Martin Evison de l’université de Sheffield. Ils sont tous deux spécialisés dans la reconstitution de visages à partir de crânes pour des meurtres dont l’identité des victimes n’est pas connue. Les deux spécialistes vont utiliser la méthode des rayons X qu’ils passeront tout autour de la boîte crânienne de la momie pour déterminer son identité. Ils ont ensuite mis au point un logiciel d’ordinateur à images 3-D  pour repérer là où les tissus humains devaient être incorporés. Puis, ils ont ajouté les muscles faciaux au visage pour lui donner son aspect et sa morphologie. Pour finir, c’est un graphiste qui a ajoutera la texture de la peau, les yeux, la couleur, les lèvres et la couronne. A leur grand étonnement, c’est le visage d’une femme de type négro-africain qui apparait! Fletcher confiera à la presse : « Cela m’a bouleversé, et pour être honnête, c’est le visage d’une personnalité forte. Elle avait un si beau profil, elle était ravissante« . Mais trois jours plus tard, pour Zahi Hawass, directeur de l‘ESCA (Conseil suprême des Antiquités égyptiennes), il n’y a aucune preuve pour affirmer l’hypothèse qu’il s’agisse bien de Néfertiti, il parle même supercherie. Joan Fletcher sera bannie de l’Esca, mais continuera à affirmer que la momie est bien celle de Nefertiti d’Égypte.

nef2Ce visage, est-ce bien celui de Néfertiti? L’une des plus grandes reines qu’ait connu Kemet? On ne pourra peut-être jamais l’affirmer avec certitude. Par contre, une chose ne doit jamais pas quitter nos esprits car les faits ont été démontrés scientifiquement et sont irréfutables: l’empire égyptien antique , a accueilli la première et plus grande civilisation dans l’histoire humaine, et cette civilisation était appelée à l’origine Kemet, ce qui veut dire en medu netjer (égyptien ancien) « la terre des Noirs« . Le peuple de l’Égypte antique était donc bel et bien NOIR.

C’était un récit sur la vie de Néfertiti, l’une des plus grandes Reine d’Afrique…

Natou Pedro Sakombi

 

NDATÉ YALLA MBOJ, Reine de Walo: « ce pays est à moi seule! »

ndate 4Lorsque les Français arrivent au Sénégal en 1855 pour le coloniser, la première force de résistance qu’ils rencontrent est une femme. Son nom: Ndaté Yalla Mboj.

Alors qu’en France la citoyenneté féminine ne sera reconnue que 90 ans plus tard, ce n’est pas sans surprise que les Français découvrent que cette femme au beau visage et à la corpulence forte est à la tête d’une immense armée. Pour comprendre l’histoire de cette femme au courage absolu, il est nécessaire de rappeler qui était sa famille.

Ndaté Yalla vient de la famille Tédiek, une famille qui s’est enrichie au cours de son long règne en accumulant fortune et  armes grâce à des échanges avec les comptoirs français. Notez qu’en ces temps là, les souverains sénégalais des Royaumes Wolofs portaient le titre de « Brack« , et les mères ou soeurs des souverains étaient appelées « Linguères« . Les linguères pouvaient succéder aux souverains et certaines dirigeaient elles mêmes leur armée.

A la mort du Brack Kouly MBaba Diop en 1816, sa cousine la Linguère Fatim Yamar  Khouriaye Mbodj lui succède et décide d’élir son mari Amar Fatim Borso Brak du Waalo. C’est la première fois qu’une Linguère est en même temps l’épouse d’un Brack. Les Linguères étaient préparées à diriger leur peuple, politiquement et militairement. Elles étaient formées au métier des armes et savaient défendre le Royaume même en l’absence des hommes. Les Evènements de Nder en sont le meilleur exemple:

ndatte 2

Le mardi 7 mars 1820, le Brack se trouve dans la ville de St Louis pour s’y faire soigner en compagnie des hauts dignitaires de sa cour. Les guerriers des deux états voisins, les Maures,  profitent alors  de son absence pour attaquer la capitale mais reculent très vite face à la riposte d’un groupement de femmes téméraires armées jusqu’aux dents et dirigé par Fatim Yamar elle-même. Lorsque les guerriers vaincus s’en retournent chez eux, leur orgueil leur pousse à revenir et à venir à bout de ces femmes audacieuses. Cette fois, l’armée féminine ne tient pas face aux hommes, la Linguère et ses compagnes préfèrent se brûler vives plutôt que faire face au déshonneur. Fatim Yamar décide de faire échapper ses deux filles de 10 et 12 ans, Djeumbeut et Ndaté Yalla, afin de perpétuer sa lignée. Eduquées en guerrières, les deux filles dirigeront plus tard le royaume.

Ndaté Yalla est la dernière souveraine du Waloo. Elle a succédé à sa soeur Djeumbeut juste après la mort de cette dernière le 1er Octobre 1846. Elle dirige le Royaume d’une main de fer et représente une vraie menace et une vraie source de problèmes pour les colons français à qui elle résiste fermement.

ndatteNormalement, lorsque les Français signent des accords avec le peuple Wolof, seuls des noms de Brack y figurent. Mais l’année ou Ndaté Yalla monte sur le trône, la signature d’une femme y figure, et c’est la sienne. La souveraine  impressionne tellement les Français qu’ils se contentent de ne passer que par elle, ne donnant plus d’importance aux autres Bracks des Royaumes Wolofs. Il arrivait même que les lettres envoyées au gouverneur ne portent que la signature de Ndaté. Toutefois, Ndaté Yalla n’est pas dupe, elle savait faire preuve d’intelligence et de vigilence face aux propositions des occupants. On retient ce qu’elle écrira en s’adressant à l’Administrateur Faidherbe le 23 mai 1851:

« Le but de cette lettre est de vous faire connaître que l’Ile de Mboyo m’appartient depuis mon grand-père jusqu’à moi. Aujourd’hui, il n’y a personne qui puisse dire que ce pays lui appartient, il est à moi seule ».

Ndaté se considérait comme étant le seul souverain du Royaume du Waalo. Elle défiera les Français durant tout son règne et leur livrera une série de batailles acharnées. En 1847, elle réclame le passage libre de la population des Saraokés qui ravitaillent l’Ile de St-Louis en bétail. Dans sa lettre au gouverneur, elle écrira ceci:

 «C’est nous qui garantissons le passage des troupeaux dans notre pays ; pour cette raison nous en prenons le dixième et nous n’accepterons jamais autre chose que cela. St Louis appartient au Gouverneur, le Cayor au Damel et le Waalo au Brack. Chacun de ces chefs gouverne son pays comme bon lui semble »

Ndaté n’hésitera pas à piller les alentours de St Louis et à menacer le Gouverneur verbalement ou par correspondance. Les Français réclameront un remboursement des dommages causés par les pillages mais Ndatté refusera catégoriquement et fièrement. Ainsi, elle finit par faire prévaloir ses droits sur l’Ile de Mboyo et l’Ile de Sor (actuelle ville de St Louis).

Le 5 novembre 1850 Ndaté interdit tout commerce dans les marigots de sa dépendance et pousse les Français au bout de ce qu’ils peuvent supporter. Faidherbe ordonne une bataille contre les troupes du Waloo qui cette fois sont battues face à la puissance technologique de l’ennemi.

Après avoir vaincu Ndaté Yalla, Faidherbe emmène son fils Sidya, qui n’a que dix ans à Saint-Louis pour le scolariser à l’école des otages. Ce que Faidherbe ignore c’est que l’enfant a déjà reçu une éducation semblable à celle qu’avait reçu sa mère. La reine a  inculqué à son fils le sens de la fierté nationale et un esprit de stratège dès son plus jeune âge. L’enfant sera envoyé au Lycée Impérial d’Alger en 1861, et deux ans plus tard, demandera à Faidherbe de revenir au Sénégal. Ce dernier acceptera et baptisera le jeune homme  Léon en devenant lui même son parrain.

Sidya n’a que 17 ans quand la colonie française lui confie le commandement du canton de Nder. Chose surprenante, le jeune homme refuse. En nationaliste initié par sa mère, Sydia décide de défier les Français. Il se débarrasse de tout ce qu’il a appris des Européens pour se tourner vers les traditions de son peuple et revêtir le vêtement traditionnel. Le fils de la reine porte des tresses de Thiédo que nous connaissons plus communément sous le terme de dread locks. Il se jure de ne même plus parler la langue des colons ni de porter leurs vêtements.

En novembre 1869, Sidya dirige une insurrection générale contre les français, ce qui entraîne de lourdes pertes du côté des troupes françaises. Il sera néanmoins traqué sans cesse par l’administration coloniale, et quand il arrive à Lat Dior pour concrétiser un front de libération nationale, il est trahi par ses guerriers qui le livrent au Gouverneur Valère à Saint-Louis le 25 décembre 1875. Sydia  sera déporté au Gabon en 1876 où il meurt en 1878, à l’âge de 30 ans.

Que retenir de Ndaté Yalla Mboj? Une souveraine, une combattante, une résistante, une mère et une éducatrice. Et c’est exactement ce que les Sénégalais retiennent aujourd’hui de la Reine Ndaté Yalla Mboj, figure emblématique de la résistance coloniale du Sénégal, une Reine et Héroïne d’Afrique.

ndatte 4Petite histoire autour de cette représentation de Ndtaté Yalla Mboj où on la voit fumer sa pipe royale: Le 2 septembre 1850, l’abbé David Boilat assiste à une scène époustouflante et décide d’en capturer l’image. C’est elle, Ndaté Yalla, en train de fumer sa pipe d’honneur. Elle est entourée de plus de cinq cents femmes en tenues somptueuses, de princes et de guerriers. Cette représentation reste la plus célèbre qu’on connait de la Reine Ndaté Yalla Mboj.

Natou Pedro Sakombi

Nanny des Marrons, figure de résistance de la Jamaïque

L’histoire de l’une des plus grandes figures de la résistance jamaïcaine ne peut se raconter sans dépeindre au préalable le portrait des nègres marrons de la Jamaïque. Les marrons étaient  des esclaves qui avaient fui de leurs plantations pour former leurs propres communautés dans les régions montagneuses de l’île. Ils étaient d’excellents combattants et, pour les colons, les battre n’était pas chose facile .

C’est sous la couronne espagnole, aux environs de 1650, que les premiers esclaves ont pu fuir. Et plus tard, lorsque les Britanniques sont arrivés sur l’île, une deuxième partie d’esclaves s’enfuira pour se rallier aux premiers marrons. Les nègres marrons de la Jamaïque étaient des esclaves déportés d’Afrique de l’Ouest, de la région d’Akan, d’où étaient originaires le peuple du Royaume d’Asante (ou d’Ashanti, qui donnera le Ghana actuel). Les nègres marrons aidèrent les esclaves à fuir de leur plantation pendant plus de 150 ans, menant la vie dure aux propriétaires et dévastant leurs terrains. Parmi ces esclaves récalcitrants se trouvait donc une femme que l’on avait affectueusement surnommé Nanny, voici son histoire:

Nanny est née aux environs de 1686 au Ghana. Elle venait de la tribu d’Ashanti, l’une des plus puissante d’Afrique de l’Ouest, et fut emmenée sur l’île de la Jamaïque en tant qu’esclave alors qu’elle n’est encore qu’une enfant. Plusieurs membres de sa famille faisaient parti du voyage et tous furent vendus sur l’ île et dispersés selon les régions. Nanny aurait été vendue à Saint Thomas Parish, une région située aux abords de Port Royal où les esclaves travaillaient jour et nuit, dans des conditions inhumaines, sur les plantations de canne à sucre. Ses trois frères et elle avaient été placés chez un même maitre. Mais pour Accompong, Cudjoe, Johnny et Quao, obéir aux maitres et fournir un aussi dur labeur pour le restant de leur vie étaient absolument inconcevable. Ils décidèrent de partir en marroange et fuirent  de leur plantation en prenant le soin d’emporter leur soeur Nanny.

Durant leur cavale, les frères pensèrent à se disperser pour mieux organiser leur communautés de marrons. Ainsi, Cudjoe s’installa dans la région de Saint-James Parish où il créera un village qui portera le nom deCudjoe Town, Accompong prendra la région de Saint-Elizabeth Parish et créera Accompong Town, tandis que Nanny et Quao formeront leur communauté à Portland Parish. Nanny y rencontrera son futur époux,Adou, mais ils n’auront pas d’enfants.

Nanny et ses frères devinrent rapidement les héros du peuple. Avec un courage inouï et une fantastique organisation, ils libèreront des centaines d’esclaves. Vers 1720, Nanny et Quao parvinrent à contrôler la région desBlue Mountains et lui donnèrent le nom de Nanny Town, un territoire de 500 acres (2.4 km²) où elles fera habiter les esclaves qu’elle aura réussi à libérer. Nanny Town occupait une position stratégique car sa situation permettait de repérer les ennemis à une haute altitude, ce qui rendait toute embuscade britannique impossible. En effet, la ville était située sur une crête où à 900-pieds se trouvait un précipice, et le long du précipice, il y avait une voie étroite qui menait à la ville, c’est  là que Nanny avaient installés ses gardes à des points stratégiques. Afin d’avertir ses guerriers guetteurs de tout danger imminent, Nanni faisait sonner sa fameuse corne appelée abeng.

Les marrons de Nanny, extraordinairement bien entrainés, parvenaient à combattre les soldats Anglais là où ces derniers ne pouvaient techniquement pas faire le poids, comme dans les montagnes lors des grandes pluies. Nanny ordonnaient à ses guerriers de s’habiller de façon à ressembler aux arbres et aux buissons et envoyait quelques hommes pour se montrer volontairement aux soldats britanniques. Ces hommes servaient d’appât, et une fois repérés, courraient en direction des Marrons camoufflés. Les soldats britanniques qui les avaient suivi étaient ainsi pris d’assaut par les marrons qui les tuaient. Le climat et l’environnement n’aidant pas les Anglais, beaucoup parmi leurs soldats qui s’étaient aventurés à suivre les marrons dans les montagnes sont morts de maladie.

Une communauté de marrons, Jamaïque, fin 19ème siècle

Stratège militaire hors pair, Nanny avait aussi le sens des affaires. Elle avait organisé un commerce basé sur du troc de nourriture, d’armes et de vêtements, qui permettait de faire vivre sa communauté. Les marrons de Nanny Town vivaient aussi d’élevage de bétail et d’agriculture car Nanny avait textuellement imité le mode de vie des villages africains d’Asante, le climat de l’île  de la Jamaïque le permettait d’ailleurs très bien. Et puis, elle ne manquait pas d’entrainer ses marrons à récupérer les biens des maitres esclavagistes lorsqu’ils allaient libérer d’autres esclaves avant de saccager complètement leur terre. En trente ans, Nanny avait réussi à faire fuir plus de 800 esclaves!

On attribuait à Nanny des pouvoirs occultes car elle pratiquait la religion Obeah, que l’on retrouve d’ailleurs encore aujourd »hui au Suriname, en Jamaïque, à Trinidad et Tobago, en Guyanne, aux Barbades ou autres pays des Caraïbes. La religion Obeah est un mélange de mysticisme et de magie blanche et noire. On sait par exemple qu’elle s’était moquée de certains soldats britanniques en leur demandant d’utiliser leur armes à feu sur elle. A leur grand étonnement, les balles avaient simplement glissé sur les vêtements de Nanny, rendant encore plus mystérieuse cette femme qui leur menait la vie dure depuis des années et qu’ils ne parvenaient pas à capturer.

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Nanny aimait rappeler qu’elle avait hérité ses pouvoirs magiques et ses connaissances en stratégie du combat d’Afrique, du Royaume d’Ashanti d’où elle était originaire. Elle possaidait également un grand savoir-faire dans le domaines des herbes curatives et des traitements traditionnels, et n’hésitait pas à en faire profiter toute la communauté. Elle était en même temps guérisseuse et médecin. Pour toutes ces raisons, sa communauté lui vouait une grande estime et l’affectionnait particulièrement. Tous, étaient les enfants de Nanny.

Dans le Journal of the Assembly of Jamaica du 29 et 30 Mars 1733, un esclave noir qui aurait combattu dans la première guerre contre les marrons, le Capitaine Sambo, aussi connu sous le nom de William Cuffee, étaitt cité dans la rubrique de « l’esclave loyal » en ces termes : car ce très bon Nègre a tué Nanny, la femme rebelle Obeah. En effet, entre 1728 et 1734, Nanny Town et d’autres communautés des marrons furent sévèrement attaquées par les forces britanniques, c’est à ce moment là, en 1733, qu’elle sera tuée.

Que retenir de cette résistante africaine? Prenons simplement la définition du terme anglais que les marrons jamaïcains avaient choisi pour appeler affectueusement cette femme extraordinaire. Dans la langue anglaise, « nanny » est utilisé pour désigner toute personne qui prend soin d’un enfant en l’absence de ses parents. Cette définition devrait suffire à nous permettre de retenir le plus important de ce personnage historique, qui, certainement, aura marqué la mémoire collective de la Nation Nègre. A coup sûr, elle était celle qu’on peut aisément et pertinemment appeler une Reine et une Héroïne d’Afrique.

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Le portrait de Nanny sur ce billet de 500$ témoigne de l’affection que les Jamaïcains éprouvent encore pour leur « Grandy Nanny »  (Nanny of the Maroons)

 

Une maronne surnommée Solitude

Screen-Shot-2015-12-21-at-7.22.26-AMNous ne saurons jamais dans quelle partie de l’Afrique cette histoire tient sa genèse, l’on sait néanmoins que tout commence aux environs de 1750. Un enfant voit le jour, elle s’appelle Bayangumay. Elle connait une enfance plutôt heureuse et, se conformant aux traditions culturelles de son peuple, accepte sans drame de devenir l’épouse du compagnon de son père, Dyadyu. Elle est plutôt heureuse dans cette aventure nouvelle et le futur semble brillant. Cependant, l’arrivée des Blancs va venir tâcher ce tableau magnifique avec l’enlèvement de la jeune épouse et son départ vers l’île de Gorée, sur les côtes du Sénégal, l’un des principaux centre de la traite des esclaves. Le voyage se déroule dans un navire négrier pestilentiel, la destination finale: les Antilles.

Arrivée en Guadeloupe vers 1772, Bayangumay, dont le nom d’esclave devient Babette, donnera naissance à Rosalie, un bébé métissé. Etant donné les atrocités qu’elle vivra de la part des Blancs, la couleur de peau de l’enfant mettra une barrière à l’affection que Bayangumay se devra de donner à son enfant. Elle ira jusqu’à rouer de coups l’enfant qui pourtant ne cessera de venir à elle, même si à maintes reprises on avait tenté de les séparer. Toutefois, la veille de son « marronage », elle se laissera aller à son instinct maternel en caressant la fillette avant de partir.

Après le départ de sa mère, Rosalie devient la « cocotte » de Xavière, la fille de son maître. Sa beauté se fait remarquer, et ses deux yeux de couleurs différentes et claires, ne laissent personne indifférent. Plus elle grandit, plus elle est séduisante. Au départ, Rosalie se montre très docile. Mais petit à petit, comme sa mère, elle songe à se révolter. Survient alors la révolution et l’abolition de l’esclavage décrétée par la Convention de Victor Hugues en 1794 et le maître de Rosalie, le chevalier Dangeau, s’enfuit, la rendant ainsi libre. La jeune femme assiste aux exécutions de la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre et aux combats auxquels se livrent les Blancs. Elle ne réalise pas toujours ce qui se passe autour d’elle, pas plus que ce qui lui arrive. Soudainement et brutalement, elle constate qu’elle est remise en esclavage et demande à comprendre. On lui parle d’un certain Richepanse qui aurait débarqué pour exécuter les ordres de Bonaparte rétablissant l’esclavage en 1802.

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Un jour, Rosalie est témoin de la descente d’une bande de marrons sur une habitation. Ils sont regroupés autour du «Moudongue Sanga» leur leader. Elle qui comprend peu à peu sa condition et celle des siens, se voit fascinée par cet esprit de courage et de révolte. Tout celà lui fait repenser à sa mère et lui fait comprendre le pourquoi de son départ, et c’est ainsi qu’elle décide elle aussi de rejoindre les nègres marrons.

Sur les hauteurs où les marrons se rassemblaient, Rosalie fait enfin connaissance avec le bonheur, la liberté et l’amour. Elle rencontre Sanga, personnage qui lui révèle l’espérance de tout un peuple. Elle découvre les joies de l’amour avec  Maïmouni un esclave récemment venu d’Afrique, avec qui elle ravivera cette  négritude que compromettait son métissage. Celle qui ne répond plus au nom de Rosalie, se fait désormais appeler « Solitude », un nom qui lui va bien et qui reflète son histoire. Elle devient enceinte.

mul1Malgré sa grossesse, elle participe à tous les combats que livrent les marrons et, dans une sorte de transe, se jette avec fureur sur des blancs sidérés par son courage ou son inconscience. Elle se retrouve parmi les combattant de Delgrés, qui font face aux troupes de Richepanse. Alors que ses compagnons sont vite défaits, Solitude est  épargnée par l’explosion au cours de laquelle périssent les défenseurs de la liberté des Noirs.

La veille de cet épisode triste, Solitude a mis au monde son enfant, mais aussitôt, on le lui arrache au profit d’un propriétaire d’esclaves. Elle aurait dû être exécutée six mois plus tôt, mais les colons avaient pensé que ce ventre animé pouvait rapporter deux bras de plus à une plantation. Elle sera finalement arrêtée, condamnée à mort et exécutée, le 19 novembre 1802.

La Mulâtresse Solitude deviendra vite une héroïne de l’histoire de l’île de la Guadeloupe où une statue lui sera dédiée à Baimbridge, à Pointe-à-Pitre.

Bien que prénommée « Solitude », la jeune femme au courage admirable n’était pourtant pas seule: tout d’abord elle avait été adoptée par une nouvelle famille, car c’est ce qu’étaient devenus les marrons, et puis sa vision, ce rêve de liberté qui l’habitait de façon obsessionnelle, sa fidélité envers sa mère et son Afrique perdue occupaient continuellement ses pensées. Solitude luttera pour la cause sans ne jamais perdre courage.

Natou Pedro Sakombi

MANTATISI, reine Conquérante des Sotho-L’univers impitoyable d’une Reine qui ne veut plus perdre

 

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Que diriez-vous d’effectuer un voyage dans le temps et de vous retrouver deux siècles plus tôt, non loin du territoire de Kwazulu-Natal, en Afrique du sud?  Vous pourriez être présenté(e) au grand Roi des Zulus Chaka, et pourquoi pas, être présenté(e) à l’un de ses adversaires, la reine Mantatisi de la tribu Sotho, dont le peuple était autrefois appelé les « Batlokoa » (qui signifie « Peuple du Chat Sauvage« ), seule femme à avoir participé à la série des guerres provoquée par Chaka, les « mefaqane« , c’est à dire « les guerres d’anéantissement ». Une chose est certaine, vous vous perdriez à reconnaître en elle cette grande guerrière que l’histoire de l’Afrique évoque, car rien dans son aspect physique ne la qualifirait comme telle. Et pour cause, en face de vous se tiendrait une femme d’une trentaine d’année à la corpulence élancée, au teint doré et au visage tellement bien dessiné. Par contre, une chose vous intriguerait assurément: son regard, car c’est un fait indéniable, Mantatisi savait paralyser du regard tout inconnu qui osait la braver des yeux, homme ou femme. Vous baisseriez les yeux pour sûr, puisque y lirez de façon notoire la bravoure mais aussi la ténacité de ces héroïnes africaines qui jamais ne pliaient devant l’inconnu. Dotée d’une intelligence remarquable, ses interlocuteurs parviennent à peine à cerner cette limite qu’elle place entre l’ordre et le conseil. C’est une héroïne au sens de leadership incontestable, et il faut le dire, une guerrière prête à exterminer tous les ennemis qui lui bloqueraient le passage.Vous êtes sur le point lire l’histoire de l’une des plus impressionnantes conquérantes d’Afrique: MANTATISI, Reine de Sotho, une Reine & une héroïne d’Afrique.

Mantatisi est la fille du chef des Basia peuple du village voisin. A la mort de son père, ses ennemis tenteront de tuer son frère et elle, afin qu’aucun d’eux ne monte sur le trône. Pour échapper à cette terrible menace, Mantatisi s’enfuira chez les Batlokoa, et épousera leur chef. A la mort de ce dernier, elle prendra sa relève en tant que Reine Régente. Dès ce moment, la Reine devra faire face à toute une série de querelles et de luttes qui conduisant à une guerre civile. Mais Mantatisi souhaite tellement voir son fils accéder au trône qu’elle refuse de fléchir devant toute adversité. Ce courage et cette autorité dont elle fait preuve lui font rapidement gagner de la  notoriété auprès du peuple. On la craint, on la respecte, on l’admire, et même ceux qui lui vouent une haine profonde et complotent pour son élimination physique sont incapables de la braver.

Cependant, le roi Mpagazita, chef du peuple Hlubi de l’une des provinces de Kwazulu-Natal, et son armée ont pour but de s’en prendre au village du Peuple du Chat Sauvage. Mantatisi qui ne s’attendait pas à une telle embuscade, abandonne son kraal royal pour fuir avec ses sujets à Basia, le village de son père. Elle n’y reste pas longtemps, la nourriture n’y est pas suffisante pour nourrir les deux clans. De surcroit, la Reine ressent les envahisseurs arriver de Zululand pour bientôt. Mantatisi décide de retourner un peu plus à l’ouest, accompagnée de sa horde. A peine arrivent-ils à Sotho qu’ils apprennent que Mpangazita a déjà envahi Basia et qu’ils ont donc échappé belle! Mais à Sotho, les lieux intéressent un nouveau visiteur: Matiwane, un viel ennemi, qui lui aussi a décidé de faire fuir son peuple des griffes du roi des zulus Chaka pour s’instataller à Sotho. Mais cette fois ça en est assez, Mantatisi ne reculera pas, elle affrontera tous ceux qui viennent troubler son territoire. Elle est prête à tuer femme, homme et enfant s’il le faut.

Les mouvements causés par ces trois chefs qui ont nullement l’intention d’échouer, finissent par créer un réel chaos à Sotho. S’ensuivra une série de massacres qui entrainera les différentes populations dans une misère épouvantable. Mantatisi qui a décidé de ne pas baisser les bras, décidera d’adopter une attitude de courage exceptionnelle. Plus rien ne l’arrête, il est temps que tous les envahisseurs reculent et laissent en paix son peuple.

Cette série de guerre entre 1815 et 1840 créée en réalité par le chef des Zulus Chaka, qui rêve de conquérir tout le pays, sera qualifiée de « lifaqane » (ou au pluriel, « mefaqane« ), c’est à dire « les guerres d’anéantissement ». Et c’était le cas de le dire, et Mantatisi sera la seule Reine à y avoir participé; elle et son armée anéantiront clan après clan, tuant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Elles terrassent tout d’abord Matiwane et son peuple, victoire qui les encourage à continuer, en anéantissant ensuite  peuple Mfengu  pour s’emparer de leur territoire.

Lorsque la Reine et son armée atteignent Paka, région connue aujourd’hui comme Maseru, capitale de Basutoland, Mantatisi devra affronter son pire ennemi, celui qu’elle ne veut justement pas affronter depuis un temps, Mpangazita, chef des Hlubis. Ils combattront l’un contre l’autre car tous deux voudront obtenir la suprématie de la Caledon Valley.

Et cette fois, le peuple du Chat Sauvage fera reculer Mpagazita et son armée de façon spectaculaire grâce à une stratégie intelligemment imaginée par Mantatisi.

Après cette très belle victoire, la Reine se demande pourquoi s’arrêter là, d’autant plus que ce chaos qui résulte de ces guerres a crée une famine dans tout le pays! Elle continue à chercher à arracher les territoires qu’elle peut, laissant derrière elle des morts à n’en plus finir, entrainant les populations dans une pauvreté comme il n’en existait pas auparavant.

Toutefois, cette soif de vaincre dont est animée Mantatisi sera stoppée par nul autre que Matiwane, chef rebelle des Zulus qu’elle avait vaincu quelques années auparavant. Mantatisi et son armée qui ne semble plus aussi puissante, sont incapables de faire face à ce terrible combattant et son armée de brigands, tous rempli de haine et de ressentiment face leurs ennemis de longue date. Elle et les siens  s’enfuient de la Caledon Valley, pour s’en retourner à Sotho.

Mais la famine qui s’abat sur tout le territoire des Sotho a atteint un point de non retour et une vraie misère pousse les populations à agir avec cruauté les uns envers les autres. Les guerriers de Sotho iront jusqu’à se nourrir des cadavres de leurs ennemis, pratiquant ainsi un cannibalisme qui leur sera collé pendant plusieurs générations. La Reine serait décédée des suites d’une grand fatigue et faiblesse physique.

Que dire de Mantatisi la Reine Conquérante? Et bien, malheureusement l’histoire n’a rien retenu d’elle si ce n’est une soif insatiable de conquérir et de posséder encore et encore pour elle et les siens. Le peuple a gardé d’elle l’image d’une femme impitoyable. On peut dire de Mantatisi qu’elle est la personnification même de la vengeance que l’on fait à la vie, du refus d’échouer après avoir essuyé des échecs. Quant à vous, auriez-vous aimé connaitre cette reine au charme trompeur et à l’ambition dévastatrice? Mérite t-elle quand même sa place parmi les Reines et Héroïnes d’Afrique?

Natou Seba-Pedro Sakombi

 

MAKEDA, Reine de Saba

65257_114430765284457_114425145285019_103028_A l’époque antique, les femmes noires étaient réputées pour leur grande beauté, leur charisme et leur forte personnalité. Ce fut le cas des reines de l’Ethiopie comme Nubia, Kush, Axum et Sheba. L »Ethiopie avait été dirigée par une lignée de reines qui devaient être vierges, dont Makeda, la reine de Sheba, ou de Saba.

Selon la bible, le Roi Salomon d’Israel qui avait décidé de construire un immense temple, avait envoyé des messagers dans plusieurs pays étrangers, dont  l’Ethiopie. A son arrivée dans ce pays peuplé de Noirs, le Roi Salomon avait été frappé par la beauté des femmes noires, jusque là inconnues pour lui.

Il rencontra Tamrin, un des sujets et négociant de la reine Makeda, avec qui Il décida de commercer. Il fit venir Tamrin en Israel et ce dernier fut impressionné par le Roi Solomon et sa jeune nation. Il resta marqué par la sagesse et la compassion que Salomon avait pour son peuple et à son retour, il ne manquera pas de raconter son voyage à la Reine Makeda. La souveraine fut envahie par le désir de visiter le Roi Salomon et son pays, elle voulait voir tout ce que Tamrin lui vait raconté de ses propres yeux.

Salomon fut prévenu à l’avance de l’arrivé de la reine, et avant même son arrivée, il avait demandé qu’un appartement spécial soit construit dans le pays. Comme elle se l’était promis, la reine vint rendre visite à Salomon, chargée de cadeaux: de l’or, des pierres précieuses, des épices, etc…Le Roi et son peuple furent éblouis par cette grande femme noire au traits fins et majestueux, à tel point que  Salomon, épris des désirs les plus fous pour Makeda, voulu satisfaire tous ses désirs. A son arrivée, Makeda  se vit offrir les meilleurs mets et les plus beaux vêtements, ce qui ne lui déplut guère vu qu’elle avait coûtume de se changer plusieurs fois par jour.

Le roi Salomon, finalement  îvre d’ amour pour la reine éthiopienne, avait été  jusqu’à lui installer un trône près du sien. Et bien que Salomon possédait un harem de plus de 700 épouses et concubines, il n’avait d’yeux que pour cette  jeune vierge noire.

Salomon s’imagina avoir un enfant avec  Makeda, un fils pour assurer sa lignée africaine majestueuse. Et quand la Reine Makeda, 6 mois plus tard, lui annonça qu’elle voulait regagner l’Ethiopie, il se mit à concocter le plan extraordinaire que voici:

Salomon organisa d’abord un somptueux dîner d’adieu pour la souveraine, une réception pendant laquelle il lui offrit des mets et des breuvages composés de potions somnolentes. Et comme le dîner se termina très tard, le roi  invita la Reine Makeda à passer la nuit dans le palais. Elle accepta après qu’ils se soient convenus qu’ ils dormiraient dans des lits séparés et que le roi ne chercherait pas à tirer profit d’elle. Le roi  jura d’honorer sa chasteté, mais  à la seule condition qu’elle n’emporte rien de son palais. Makeda se sentit outragée par le chantage, et dit à Salomon qu’elle n’était pas une voleuse! Elle promit tout de même de ne rien emporter. Peu après s’être séparés , la reine eut soif. Elle trouva une grade fiole d’eau dans l’immence hall du palais et se mit à boire.  Salomon la surprit et lui dit « Vous avez cassé votre serment que vous ne prendriez pas quelque chose dans mon palais ». Makeda protesta, car selon elle, la promesse ne couvrait pas quelque chose de si naturel et intarrissable que l’eau! Mais Solomon lui dit qu’il n’y avait rien au monde de plus important et de plus vital que l’eau, car sans elle il n ‘y aurait pas de vie. Makeda admis à contre-coeur que le roi avait raison et lui fit ses excuses. Libérée de sa promesse, Salomon la laissa soulager sa soif et en fit autant en passant la nuit avec elle et en la prenant immédiatement  comme femme.Le jour d’après, avant son départ d’Israel, le roi  plaça un anneau sur sa main et lui dit « si vous avez un fils, donnez -lui ceci et envoyez-le moi« .

Après son retour à Sheba, la Reine Makeda se rendit compte qu’elle était en effet enceinte. Elle eut un fils, qu’elle appela « Fils-du-sage-homme« , et éleva comme  prince, le seul héritier au trône. Une fois adulte, le jeune homme voulu rendre visite à son père et  la reine prépara son voyage, et cette fois-ci, dirigé par Tamrin. Elle envoya un message à Salomon pour qu’il oigne leur fils comme roi de l’Ethiopie. Seulement les mâles qui descendraient de leur fils devraient régner sur Sheba.

makeda1Salomon et les juifs se réjouirent de l’arrivée du jeune prince en Israel. Le roi le oignit comme la reine l’avait demandé. Le roi renomma son fils Menelik, ce qui signifiait « comme il est beau ». Bien que Salomon ait eu beaucoup d’épouses, une seule avait eu un fils, Rehoboam, un garçon de sept ans. Ainsi le roi  pria Menelik de rester, mais le jeune prince ne voulu pas. Salomon appela donc ses chefs et nobles pour leur annoncer qu’il renvoyait son fils aîné en Ethiopie qu’il voulait qu’ils accompagnent afin de devenir ses conseillers et dirigeants, chose qu’ils acceptèrent.

Menelik demanda à son père une relique de l’arche de l’alliance et l’emmena avec lui à Sheba. Cependant, les fils des conseillers virent ce don et ce départ d’un mauvais oeil. Fâchés de devoir quitter leur royaume et l’arche pour accompagner Menelik, ils volèrent la vraie et la ramenèrent en Ethiopie. Ils souhaitaient par ce geste créer un incident diplomatique, mais le roi; à qui l’on rapporta leur projet mesquin les stoppa avant.

Menelik retourna à Sheba et, selon la tradition,  il regna avec sagesse. Sa célèbre lignée  a continué a exister jusqu’au 20ème siècle et on en trouve encore de nos jours à travers le sigle d’Ethiopie « conquête du lion de Judah » descendance directe du Roi Solomon et la reine de Sheba.

Natou Pedro Sakombi

 

Kathleen Cleaver, la femme panthère…

kat 5Vers la fin des années soixante, une afro-américaine un tantinet « grande bouche » fait son apparition dans le milieu du militantisme noir des grandes villes des Etats-Unis. On la reconnait à son énorme afro châtain et à sa silhouette élancée enfouie au milieu d’un groupement d’hommes, tous vêtus de noirs. Méfiez-vous de ce joli visage qui innocemment charme tous ceux qui s’en approchent; cette femme n’est pas une femme comme les autres, cette femme est  ce qu’on appelle « une panthère noire ». Son nom, Kathleen Neal Cleaver, et voici son histoire…

Kathleen Neal voit le jour le 13 mai 1945 à Dallas, dans le Texas. Fille d’intellectuels, elle est  issue d’un milieu assez aisé. Le père, Ernest Neal est professeur de sociologie et sa mère Juette Neal, est détentrice d’un master en Mathématique. Quelques temps après la naissance de Kathleen, son père accepte le poste de directeur à la Rural Life Council of Tuskegee Institute, un collège pour étudiants noirs en Alabama, ce qui le conduira six ans plus tard vers un poste dans les Affaires Étrangères. La famille Neal effectuera donc plusieurs déplacements à l’étranger, en Inde, au Liberia, en Sierra Leone et aux Philippines. Toutefois, les parents de Kathleen préfèreront envoyer leur fille poursuivre ses études secondaires à la George School à Philadelphie. En 1963, elle termine avec distinction et entre à Oberlin College, et ensuite au Barnard College.

katMais en 1966, Kathleen s’intéresse de très près aux problèmes des droits civiques. Le racisme et l’injustice à l’égard des Noirs qui règnent encore aux Etats-Unis à son époque devient inadmissible à ses yeux. Elle veut se consacrer à temps plein à la lutte pour les droits de son peuple et n’hésite pas à abandonner ses études pour la cause. C’est ainsi qu’elle quittera le collège pour un job de secrétaire à la SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee, littéralement « comité de coordination non violent des étudiants ») à New-York, l’un des principaux organismes du mouvement afro-américain des droits civiques des années 60. Lorsque Kathleen est chargée d’organiser la conférence de la Fisk University à Nashville (au Tennessee), elle ne sait pas encore que sa vie va prendre un tournant décisif.  En effet, c’est à cette conférence qu’elle rencontre le ministre de l’information du Black Panther Party, Eldridge Cleaver, qui deviendra par la suite son époux.

kat 4Kathleen et Eldridge Cleaver

Juste après la conférence de Nashville, Kathleen s’installe à San Francisco pour tenter d’adhérer au Black Panther Party qui jusque là n’est composé que d’hommes. Elle se rapproche de plus en plus d’Eldridge qui non seulement voit en elle un bon élément pour le parti mais tombe éperdument amoureux de Kathleen. Elle l’épouse le 27 décembre 1967 et devient Secrétaire chargée de la Communication et le premier membre de sexe féminin à intégrer le Black Panther Party. Son role est d’écrire des articles pour le parti mais aussi de donner des discours en sa faveur à travers le monde. Grâce à son éloquence et à charisme, on lui confie la tâche de défendre les Black Panthers devant les médias, ce qu’elle fait avec beaucoup de force et d’efficacité.

Kathleen se démarque aussi par le rôle primordial qu’elle joue dans la prise de conscience de l’identité des femmes afro-américaines. Elle devient un modèle et prend son rôle très aux sérieux. Alors que les éléments masculins du Black Panther Party prônent haut et fort le slogan « Black Power« , c’est Kathleen Cleaver qui contribuera à donner son véritable sens au concept de « Black is beautiful« .

Lorsqu’en 1967, Huey Newton, l’un des membres du Black Panther Party  et l’un des fondateurs du mouvement se fait incarcérer, Kathleen organise de main de fer un campagne extraordinaire en faveur de sa libération. Kathleen est toujours au premiers rangs des manifestations et assiste activement tout membre du parti se retrouve en prison.

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Son mari et elle deviennent des éléments clés dans le parti et intègrent le parti californien de gauche Peace and Freedom, dont les revendications socialistes défendent des idées sur le droit de la femme ou la fin de la guerre du Viet Nam. Cependant, leur implication dans le Black Panther Party leur coûte une surveillance permanente et rapprochée de COINTELPRO, une branche du FBI contre les Black Panthers et les communistes dans tous les Etats-Unis. Ils connaissent des gardes à vue à maintes reprises et sont constamment sur écoute. En 1968, alors que l’état soupçonne le mouvement controversé de cacher des armes et des munitions, une perquisition solide sera effectuée dans l’appartement des Cleaver. La même année, lors d’une embuscade organisée par la police d’Oakland, deux officiers de police ainsi que l’un des  membres du mouvement, Bobby Hutton  perdront la vie. Cleaver sera quant à lui sérieusement blessé suite aux échanges de coups de feu pendant ce malheureux incident. Accusé de tentative de meurtre, le mari de Kathleen décide de fuir vers Cuba afin d’échapper à la prison. Après avoir passé quelques mois à Cuba, il rejoindra Kathleen en Agérie.  Une année plus tard, alors que le couple se trouve en Corée du Nord, Kathleen donne naissance à sa première fille.

L’exil va changer Eldridge. Il se converti au christianisme et sa vision de la lutte change terriblement. En 1971, un sérieux conflit s’installe entre Elridge et Huey Newton, l’un des fondateurs du Black Panther Party. Elridge est expulsé de la branche internationale du mouvement. Les Cleaver vont alors créer une organisation qu’ils vont nommer la « Revolutionary People’s Communication Network » (le Réseau de Communication du Peuple Révolutionnaire).

Pour mettre en place l’organisation, Kathleen retourne à New-York. Mais après son départ, le gouvernement algérien commence à voir d’un mauvais oeil les activités d’Eldridge et de son organisation. En 1973, il sera obligé de quitter secrètement l’Algérie et de rejoindre Kathleen à Paris où le gouvernement français accordera un droit de résidence.Mais une année après, ils prennent le risque de rentrer aux Etats-Unis où Cleaver sera directement incarcéré pour l’incident de 1968. Coupable d’agression, il devra écoper de 5 années de probation et founir 2000 heures de travaux forcés. Kathleen travaillera d’ arrache-pied pour la libération de son mari, elle récoltera des fonds partout où elle pourra et ses efforts seront récompensés en 1976 lorsqu’ Eldridge sera libéré sous caution.

kat 6En 1981, Kathleen reprend ses études à l’Université de Yale et en ressort avec un baccalauréat en histoire en 1983.Mais le couple Cleaver bat de l’aile depuis un certain temps. En 1987, ils divorcent après 20 ans de mariage. Kathleen refuse de se laisser aller à la tristesse causée par cet échec et décide de poursuivre des études de droit à Yale. Après l’obtention de sa licence, elle devient avocate et se fait engager par la firme Cravath, Swaine & Moore. Mais à côté de cela, Kathleen se montre très active dans les affaires légales. Elle accepte notamment de devenir légiste à la Cour d’Appel des Etats-Unis à Philadelphie, et visite plusieurs facultés de droit du pays où elle donne des conférences. Professeur de droit à la Emory University et à la Yale Law School, elle est finalement conférencière pricipale à l’African American Studies de l’université de Yale.

Kat 2Aujourd’hui, Kathleen continue à enseigner le droit à l’Université Emory. Elle reste une référence utile en ce qui concerne le Black Panther Party et  nombreux sont les médias qui font appel à elle pour décrire ce qu’était en réalité l’un des mouvements noirs les plus controversés de l’histoire. Et qui sait, peut être que de son regard de femme elle parvient à donner une vision plus compréhensible voire moins diabolique de ce qu’était le Black Panther Party for Self Defence, dont elle était le premier élément féminin.

C’était le récit de la vie de Kathleen Cleaver, une Héroïne d’Afrique.

Natou Pedro Sakombi

 

Hatshepsout Ière: le mystère de la Reine-Pharaon

Quand bien même les femmes de l’Egypte ancienne bénéficiaient d’un statut plus élevé que celui des autres femmes de leur époque, il était très rare pour les elles d’accéder au titre de Pharaon, exclusivement réservé aux mâles. Hatshepsout faisait l’exception de cette règle car elle était la seule femme à bel et bien porter le titre de Pharaon. Le seul titre que pouvait porter une femme dans la monarchie égyptienne était celui de « Reine« , mais uniquement dans le sens de « Grande Epouse Royal ».

hatshepHatshepsout, fille aînée de Thoutmôsis I (ou Djéhoutymosé  I), donc de lignée royale, prit le titre de Pharaon suite à la mort de son époux et demi-frère Thoutmôsis II, dont le règne ne dura que 13 ans. Au départ, c’est son fils Thoutmôsis III, né de l’une des femmes du harem de Thoutmôsis II qui devait lui succéder. Mais ce n’était qu’un enfant à l’époque, c’est donc sa tante, et belle-mère, la Grande Epouse Royale Hatshepsout qui assura le rôle en attendant que l’enfant devienne adulte. Ainsi, vers -1473 , Hatshepsout se proclama Pharaon et régnera pendant 22 ans. Dès sa proclamation, elle remplacera sa robe royale par un « némès » (pagne que le portait les Pharaons), et ira jusqu’à porter la barbe postiche. Hatshepsout ne reniera pas pour autant sa féminité, sa volonté était simplement de maintenir un respect de la tradition et d’obtenir le respect de la population. Elle finirapar être comptée parmi les plus grands Pharaons Egyptiens, et son long règne lui permit d’accomplir plusieurs oeuvres.

Hatshepsout avait un grand penchant pour les grandes constructions, elle se fera d’ailleurs construire une temple mortuaire extraordinairement célèbre à Deir el Bahari, dont cent-vingt sphinx montaient la garde de ll’entrée. Malheureusement son nom fut martelé après sa mort afin d’être effacé du monument, sans doute suite à l’instigation de son neveu et beau-fils, Thoutmôsis III qui cherchait à effacer toutes les traces de son existence.

hatshepsut 2Elle dirigea le pays avec une énergie remarquable en bénéficiant de l’appui de dignitaires compétents et dévoués tels que Pouymrê, second prophète d’Amon et grand architecte, Néhésy, chancelier qui dirigea une expédition lancée par Hatshepsout vers le pays de Pount , Hapouseneb, son vizir et également grand prêtre d’Amon et enfin  Sénènmout (ou Senmout), qui était son préféré et aussi le pécepteur de la Princesse Néférourê, sa file. Sénènmout était d’origine modeste, mais il était très ambitieux et très talentueux, ce qui lui permit de devenir le premier conseiller de la reine, et peut être aussi son amant.

On peut dire du règne d’Hatchepsout qu’il était relativement calme, même si en l’an XII elle dut faire face à une rébellion nubienne. La majorité de ses constructions en Nubie furent détruites sous ses successeurs, mais il reste encore quelques traces de son passage à Kasr Ibrîm et à Bouhen.La reine étaient fortement attirée par les expéditions commerciales, dont celui du Pays de Pount ou Pwenet, en l’an VIII/IX, également appelé Ta Nétjer, qui signifie « Pays du dieu ». Sa localisation est encore incertaine mais la majorité des auteurs situent le site sur la côte africaine de la Mer Rouge, allant des  confins érythréo-soudanais au nord de l’actuel Somalie.en l’an VIII/IX. De cette expédition, on ramenait des navires chargés de d’or, d’ivoire, de bois d’ébène, de peaux de panthère, une panthère vivante, une girafe, des parfums et des huiles de sycomore te surtout de l’encens, utile aux cérémonies du culte.

En 1903, l’égyptologue Howard Carter qui retrouva notamment la tombe de Toutânkhamon en 1922, retrouva les momies de deux femmes dans une tombe de la vallée des rois à Louxor. L’une était dans un sarcophage et l’autre était simplement posée à terre. L’une d’elle était Satrê, la nourrice d’Hatchepsout, mais on ne savait pas encore qui était la deuxième, même si on le devinait, et pour cause, la momie avait le bras gauche sur la poitrine, tel qu’il en était le cas pour les momies royales de l’Egypte Antique.

Chose étrange et qui rendait sceptiques  les scientifiques, la momie ne portait aucune parure, aucune coiffe, aucun bijou, cest à dire rien qui généralement accompagnaient les Pharaons dans l’au-delà.

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C’est finalement le 27 juin 2007 que l’on attesta de l’authenticité de cette momie comme étant celle de la Reine Hatchepsout. Comment? Grâce à des tests ADN et à la technique d’imagerie CT-scan qui permet de recomposer le corps en 3 dimensions.  Les scientifiques ont fini par affirmer qu’il s’agissait d’une femme autour de la cinquantaine qui était obèse, qui souffrait de diabète et d’un cancer des os métastasé. Le décès de la momie aurait été toutefois causé par un abscès dentaire mal soigné. La momie d Hatchepsout a été transféré au Musée Egyptien du Caire.

Ce qu’on retiendra d’elle, c’est surtout son audace à vouloir se représenter comme les Pharaons mâles, les nombreux projets de constructions architecturales bien souvent menés à terme, et les expéditions commerciales enrichissantes qu’elle lança. Hatchepsout, une Reine et Héroïne d’Afrique!

Natou Pefro Sakombi